Les rampes d’accès comme celle de l’hôtel de ville sont très couteuses, ce qui est en soi un obstacle aux démarches d’aménagement.
Les rampes d’accès comme celle de l’hôtel de ville sont très couteuses, ce qui est en soi un obstacle aux démarches d’aménagement.

Accessibilité : Hawkesbury de plus en plus conforme

André Farhat
EAP
La Ville de Hawkesbury poursuit ses initiatives visant à faciliter l’usage des diverses installations de la municipalité. Que réserve l’année 2020 aux citoyens vivant avec un handicap ou une perte de motricité?

« Nous sommes toujours de plus en plus conformes », a estimé Jean-Claude Miner, chef du Service du bâtiment de la ville de Hawkesbury, en référence aux exigences provinciales en matière d’accessibilité.

Lancé en 2013, le Plan pluriannuel d’accessibilité a été reconduit en 2019 pour cinq autres années. Il s’agit d’un projet ambitieux qui répond aux demandes du milieu et s’inscrit dans une mouvance générale, qui vise à accorder les mêmes possibilités à tous les membres de la société.

L’accessibilité : pour qui et pourquoi ?

L’accessibilité, telle que définie dans le plan, vise les personnes vivant avec un handicap, ce qui englobe divers degrés d’incapacités physiques et mentales. Christine Groulx, greffière de Hawkesbury, ajoute « qu’on devrait inclure les ainés [dans les critères d’admissibilité] ». Non pas que les ainés soient nécessairement invalides, mais la réalité demeure que l’âge s’accompagne, le plus souvent au moins, d’une perte de motricité.

Mme Groulx cite en exemple la bibliothèque de Hawkesbury : « Pour l’instant, il faut gravir les marches qui y mènent où se garer dans l’une des seules trois places de stationnement devant l’entrée, réservées aux détenteurs de vignettes pour handicapés. » Or, comme les ainés ne sont pas forcément handicapés, ils ne peuvent pas tous en profiter. « Il faudrait que l’accessibilité inclue aussi les ainés », a ajouté la greffière.

Tout est dans les détails

Le plan initial de 2013 ratissait large et fixait plusieurs cibles, certaines très précises (portes automatiques à la bibliothèque – ce qui a été fait), et d’autres très vagues, comme « continuer d’incorporer l’accessibilité dans les processus d’aménagement ». Ces objectifs sont louables, mais en discutant avec les gestionnaires de la Ville, on constate rapidement un problème : le manque de communication entre les différents services et avec le gouvernement ontarien. « La province fait les lois, mais nous laisse à nous-mêmes », a soupiré M. Miner, en parlant du manque de ressources dont l’administration dispose.

Par manque de fonds, la Ville ne peut pas faire appel à des firmes expertes dans le domaine qui pourraient faire le tour des multiples installations et bâtiments à aménager correctement, et émettre des recommandations et des pratiques exemplaires à suivre.

Par conséquent, chaque service agit un peu en solo, au cas par cas, par essai et erreur, sans toutefois cataloguer de façon optimale ses conclusions. Et comme le dit M. Miner : « On réalise qu’il y a beaucoup de détails auxquels on ne pense pas d’abord. » La Ville a donc créé un comité municipal d’accessibilité, composé de M. Miner et de citoyens vivant avec un handicap ou autre. Grâce à eux, la Ville peut voir les installations selon leur point de vue, et adopter en amont des solutions plus adaptées à leur réalité.

Ça avance

De nombreuses modifications ont déjà été apportées depuis l’amorce du plan en 2013, et plusieurs parcs, installations sportives, écoles, et bien entendu l’hôtel de ville, peuvent déjà accueillir les gens à mobilité réduite.

Cela dit, l’aménagement des installations et équipements d’une municipalité comme Hawkesbury n’est pas une mince tâche, et d’un simple aspect budgétaire, ce dossier entre en concurrence avec d’autres priorités.

Il reste que l’accessibilité est rentable : « Lorsque nos installations sont accessibles, elles attirent des gens qui ne pourraient pas y venir sinon », s’est enthousiasmé Mme Groulx. Il faut donc voir l’accessibilité comme un investissement. Et cela vaut aussi pour les commerces. Mme Groulx a ajouté : « Il faut sensibiliser les commerçants… sauf qu’ils n’ont pas plus de subventions. »