Une neige hâtive qui affecte les agriculteurs

Annie Lafortune
EAP
Pour certains, la tempête hivernale qui a frappé l’Est ontarien la semaine dernière est un cadeau, mais, pour les agriculteurs, c’est la cerise sur le sundae dont ils se seraient bien passés.

Pour Laurier Lemieux, agriculteur de la région d’Embrun, c’est une année à oublier. « La neige nous a coupé l’herbe sous le pied. Cet été le maïs a souffert de sècheresse et maintenant la neige l’affecte avec un taux d’humidité beaucoup trop élevé », lance-t-il.

La récolte pour la plupart des agriculteurs de maïs et de soya a débuté fin octobre. Mais les forts vents qui ont soufflé à la période l’Halloween ont fait que le blé d’Inde s’est couché pour ensuite se couvrir d’une neige lourde. Les moissonneuses-batteuses ne peuvent malheureusement pas faire le travail qu’on attend d’elles quand la neige frappe de plein fouet les champs.

«  Quand il neige et qu’il fait froid, explique M. Lemieux, c’est tout le système hydraulique de la moissonneuse qui est touché. C’est très dur pour tout ce qui ne baigne pas dans l’huile. Une moissonneuse-batteuse, ce n’est pas comme une voiture. »

En temps normal, les agriculteurs récoltent leur maïs lorsque le taux d’humidité se situe entre 22% et 25 %. Mais, cette année, l’humidité varie entre 30% et 32 % ce qui est néfaste pour une bonne récolte.

« Le maïs est déclassé cette année. Au lieu d’avoir un grade 2 qui donne le plein prix à la bourse de Chicago, il a un grade de 3 et 4 », poursuit l’agriculteur. Cela se répercute sur le prix puisqu’au grade 3, on enlève deux dollars de la tonne métrique, et au grade 4 ce sont 10 $ de la tonne métrique qui sont enlevés. 

Pour M. Lemieux, l’année 2019 n’est certes pas une année record. Les coûts pour le séchage seront, cette année, beaucoup plus élevés que lors d’une année normale.

Même son de cloche du côté de Jacques Pasquier, producteur laitier et agriculteur, également de la région d’Embrun. L’homme explique que les moissonneuses-batteuses se remplissent de neige, il est donc pratiquement impossible de récolter. 

« J’ai juste 20 % de ma récolte de maïs de ramasser, s’inquiète-t-il. D’habitude au mois de novembre, il n’y a pas de neige. Mais la neige risque d’affecter sérieusement notre matériel agricole. Et lorsque nous l’aurons récolté, s’il peut arrêter de neiger et faire soleil, ça va couter une fortune en séchage, et la qualité du maïs sera affectée. »