Plusieurs personnes vulnérables fréquentent le centre du Florès, le bâtiment où sont dépistées les personnes croyant avoir les symptômes de la covid-19 depuis le 4 octobre dernier.
Plusieurs personnes vulnérables fréquentent le centre du Florès, le bâtiment où sont dépistées les personnes croyant avoir les symptômes de la covid-19 depuis le 4 octobre dernier.

Un centre de dépistage dans Le Florès

Mylène Deschamps
EAP
Le centre de dépistage de la COVID-19 est déménagé au 390, Bethany, dans un local appartenant au CSSS des Laurentides, dans le centre Le Florès, un centre de réadaptation en déficience intellectuelle.

Le Centre du Florès est l’un des seuls endroits où les personnes vivant avec une déficience intellectuelle, qui ont fréquemment des vulnérabilités face aux symptômes graves de la covid, peuvent aller pour faire une activité dans un centre de jour.   

Plusieurs usagés provenant de ressource de type familiale commencent à peine à fréquenter ces salles.  Ils reviennent au bercail en fin de journée rejoindre des personnes trop vulnérables pour fréquenter ce type de service. «J’héberge 3 personnes dans ma ressource de type familiale qui recommencent à peine à fréquenter ces activités et qui reviennent à la fin de la journée à la maison rejoindre d’autres personnes trop vulnérables, donc qui elles ne sortent pas, explique Émilie Larocque. Ils vont faire entrer des cas potentiellement positifs dans une bâtisse dans laquelle il y a des personnes parmi les plus vulnérables de la région. C’est un peu comme s’ils faisaient un centre de dépistage public dans un CHSLD qui n’a qu’un seul étage.» 

Les tests de dépistages ont commencé au centre Le Florès le 4 octobre dernier. Au CISSS, on explique que l’endroit satisfaisait leurs critères puisqu’une des trois entrées est indépendante et mène à un local isolé. Par contre, le système d’aération du bâtiment est lui bien ancien et le stationnement est petit.  

Ayant exprimé ses inquiétudes au bureau de la députée provinciale, Mme Larocque a reçu quelques précisions afin de la rassurer alors que les gestionnaires de la direction des programmes en déficience et de la réadaptation physique (DPDRP), la direction des services techniques (DST), l’équipe d'hygiène salubrité et la direction des services multidisciplinaires assurent la sécurité des usagers.  

Un réaménagement du stationnement a été réalisé afin de permettre la séparation de la clientèle du centre de dépistage et les usagers; un agent de sécurité sera sur place en tout temps pour diriger la clientèle et l’ensemble des portes de service de réadaptation seront barrées.  On assure qu’aucun croisement entre les usagers et le personnel ainsi que de la clientèle ne sera possible entre les deux côtés. Des toilettes ont été séparées de chaque côté pour le personnel.  Les personnes croyant être infectées pourront utiliser une toilette mobile extérieure.  Du côté de la ventilation, selon les normes liées à la transmission, le virus qui cause la Covid-19 surviendrait surtout lors d’un contact direct avec une personne infectée ou par des gouttelettes respiratoires.  On assure aussi qu’une tournée de désinfection quotidienne sera réalisée. 

Les responsables de milieu familial sont aux prises avec de grandes responsabilités face à cette maladie depuis mars 2020.  Les personnes hébergées, qui normalement participent à des activités, plateaux de travail, sorties organisées, visites dans leur famille, ont été obligées du jour au lendemain d’être confinées à leur maison d’hébergement.  C’est au printemps dernier que les séjours de moins de 24h ont été autorisés dans leur famille. Les ressources ont dû notamment travailler 24h sur 24, 7 jours sur 7 pendant 17 mois, sans prendre de congé. Aujourd’hui, chaque visiteur doit présenter un passeport vaccinal pour accéder à la maison.   

«Je me sens impuissante face à cette situation. Je considère que c’est une décision financière prise au détriment de personnes qui sont incapables d’utiliser leur propre voix pour se défendre. Je crains terriblement que cette décision ne cause des éclosions dans les milieux de vie ri-rtf de la région», renchérit Mme Larocque, qui s’est pliée aux maintes exigences du ministère de la Santé pour protéger ses résidents.