Les enseignants du secteur public affiliés à la FSE ont débrayé mercredi matin le 14 avril afin d’accélérer les négociations en cours avec le gouvernement. La convention collective est échue depuis maintenant plus d’un an. Les membres de la FSE ont récemment voté jusqu’à cinq journées de grève et la prochaine est prévue pour le mardi 27 avril en fin d’après-midi. Les enseignants demandent entre autres de meilleurs services pour leurs élèves ainsi qu’une rémunération ajustée en reconnaissance de la tâche à accomplir.
Les enseignants du secteur public affiliés à la FSE ont débrayé mercredi matin le 14 avril afin d’accélérer les négociations en cours avec le gouvernement. La convention collective est échue depuis maintenant plus d’un an. Les membres de la FSE ont récemment voté jusqu’à cinq journées de grève et la prochaine est prévue pour le mardi 27 avril en fin d’après-midi. Les enseignants demandent entre autres de meilleurs services pour leurs élèves ainsi qu’une rémunération ajustée en reconnaissance de la tâche à accomplir.

Un avant-midi de grève pour les enseignants de la FSE-CSQ

Mylène Deschamps
EAP
En attente du renouvellement de leur convention collective depuis plus d’un an, les enseignants de la FSE, membres affiliés à la CSQ, incluant les écoles de la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord (CSRDN) de notre région, ont débrayé le mercredi 14 avril dernier en avant-midi perturbant le début de la journée habituelle d’école.  

La FSE-CSQ (73 000 membres) a fait preuve d’imagination et d’originalité récemment afin d’accélérer le rythme des négociations qui tardent à se conclure avec le gouvernement au sujet du renouvellement de la convention collective. Afin de ne pas trop nuire aux élèves en leur enlevant une journée de cours complète ou d’imposer aux parents de demeurer à la maison, la centrale syndicale a utilisé une grève de minuit à 9h30 le matin. Au cœur des attendes des enseignants: l’amélioration des services aux élèves ainsi qu’un rattrapage au niveau des conditions salariales afin de rejoindre la moyenne canadienne. 

Résumé des demandes de la CSQ 

Rejoint par le journal à ses bureaux du syndicat de l’enseignement de la Rivière-Du-Nord, M. Christian Aubin, nous explique: «Nous avons obtenu de nos membres un vote de cinq jours de grève à utiliser périodiquement. Cette première journée en avant-midi survient alors que les négociations n’avancent pas au rythme espéré. Notre dernier souhait est de retenir les élèves ou leurs parents en otage, surtout en ces temps difficiles pour chacun. Il s’agit d’une négociation importante pour nos membres car ils ont à cœur l’amélioration des services aux élèves, que ce soit la composition des classes, les différents services d’aide et d’appui, le nombre d’élèves par classe, la simplification du processus pour la reconnaissance HDAA pour les élèves ainsi que les conditions salariales, tant au niveau monétaire que celui des avantages sociaux, le tout relié au coût de la vie au Québec et au Canada.» 

Cette première journée de grève a semblé chatouiller les instances gouvernementales qui ont fait appel d’abord à la cour, et ensuite au tribunal du travail afin d’empêcher celle-ci. «C’est la première fois que nous sommes témoins d’un recours aux tribunaux pour empêcher une grève légale!, déclare M. Aubin qui précise également que les différents centres de services n’ont pas tous réagi de la même façon. Certains ont transformé cette journée d’école en journée pédagogique (banque de journées tempêtes) et d’autres ont tout simplement déplacé les élèves en ligne. Nous nous questionnons présentement sur la validité de ces alternatives.» Précisons qu’à la CSSRDN, le début des cours a été retardé, mais les cours ont eu lieu en présentiel par la suite. Le service du transport scolaire a jonglé avec ses horaires afin de minimiser l’impact de ce moyen de pression. Par ailleurs, le tribunal du travail a prévu statuer d’ici quelques jours suite à la requête présentée par les gestionnaires scolaires. 

En parallèle, la FAE a annoncé la semaine dernière en être venu à une entente de principe avec le gouvernement. Il s’agit d’un autre regroupement d’enseignants (49 000 membres) qui font également partie de la danse de négociation. «Nous sommes en attente de compléments d’informations à cet effet. Cette centrale syndicale et ses membres avaient voté une grève illimitée prévue pour le 1er mai; nous sommes actuellement curieux de prendre connaissances des gains obtenus par ceux-ci. Nous tentons en général d’améliorer les conditions des enseignants ainsi que la reconnaissance de la profession à sa juste valeur.» 

Rencontrée dernièrement, Valérie Cyr, une enseignante de l’école alternative située dans l’École Saint-Julien, nous confirme que ses collègues et elle souhaitent une meilleure accessibilité aux différents services de professionnels, par exemple en orthophonie ou en psychologie où les besoins pullulent. «Actuellement, nous sentons l’appui de la communauté et des parents de nos élèves et cela nous réconforte dans le processus que nous vivons en ce moment», de souligner celle qui a atteint récemment le cap des vingt années d’expérience sans avoir perdu une parcelle de la passion qui l’anime depuis ses débuts en Outaouais. Nous travaillons à améliorer les conditions de cette noble profession, nous tentons d’améliorer le salaire à l’entrée, ainsi que celui pour les années subséquentes afin de retenir les nouveaux enseignants au sein des troupes.»  

Dans le contexte actuel, il serait intéressant de voir un dénouement rapide à ces négociations afin que les jeunes québécois puissent bénéficier de la meilleure qualité d’enseignement au quotidien, et ce, en dépit des circonstances actuelles.