Sheila Watson, résidente de Gore, aime magnifier la nature qui l’inspire
Sheila Watson, résidente de Gore, aime magnifier la nature qui l’inspire

Sheila Watson: 50 ans de passion

Josianne Binette
EAP
Née en Angleterre, Sheila Watson déménage au Canada à l’âge de trois ans. Elle habite Rosemère pendant plusieurs années, et c’est au cours de sa vingtaine qu’elle commence à étudier la peinture. Quelques années plus tard, alors titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts de l’UQAM, Mme Watson découvre peu à peu la poterie, puis la sculpture. Une histoire d’amour et de passion de près d’un demi-siècle s'ensuit. 

Le travail de Mme Watson a évolué au fil du temps à travers les différents sujets et thématiques qui l’ont interpellée. Influencés par la réalité sociologique et démographique d’un lieu et d’une époque, ces sujets se sont transformés en séries d'œuvres artistiques, un processus lui permettant d’explorer différents angles de création. En ce sens, elle a dans le passé créé toute une série de peintures et sculptures autour des femmes dans l’histoire sociale, un projet de grande envergure dont elle est très fière. Également, à une époque où elle habitait Montréal, les enfants jouant dans les rues de la métropole lui ont inspiré une autre série de tableaux. Sans être de parfaites reproductions, l’artiste, qui définit son style comme figuratif, ou représentatif, s’inspire fortement de scènes ou de paysages qu’elle observe pour ensuite s’offrir la liberté de replacer les éléments, d’en retirer ou d’en ajouter. La majorité des tableaux sont conçus à la peinture à l’huile, mais elle emploie parfois, pour certains projets, l'aquarelle et plus rarement, l'acrylique.   

Maintenant établie à Gore dans ce qui était, depuis 1981, son chalet, c’est la nature qui guide l’imaginaire de l’artiste: «Depuis un certain nombre d’années, mes thèmes en peinture et en sculpture sont inspirés par la nature, l’interdépendance des humains et le monde naturel ainsi que par des questions environnementales. Plus récemment, dans une déviation de ma tendance d’explorer des formes et textures organiques, je me suis préoccupée des paysages autour de chez moi à Gore, près du lac Beattie».  

Ainsi, depuis quelques années, elle travaille sur une série de peintures à l’huile qu’elle aborde en trois étapes. La première série, dont font partie les tableaux exposés à la Maison de la Culture de Saint-Placide, est inspirée par les points de vue variés autour du lac Beattie. Les œuvres de la deuxième phase représentent quant à elles différentes parties du lac, et contiennent toutes une pointe de terre qui s’engouffre dans ce qui était autrefois le réservoir de Lachute. La troisième et dernière phase de ce projet, actuellement en création, mettra davantage de l’avant la formation des terres autour du plan d’eau. Pour cette étape, le style sera fort probablement un peu plus abstrait, les images contiendront moins de détails et plus de contrastes.  

Bien que la pandémie n’ait pas épargné Madame Watson, elle n’a jamais cessé de travailler. Elle a continué à peindre, à faire de la poterie et des sculptures, mais à un rythme plus lent, face à la cessation complète des activités entourant ses créations. Par ailleurs, une série de sculptures, dont certaines sont exposées dans son studio, a pour thème le monde marin et a une particularité propre. En effet, pour chaque sculpture, l’artiste inclut un morceau de bois, et une forme humaine est détectable aux observateurs avisés. Mme Watson explique la raison pour laquelle ces éléments sont regroupés dans ses œuvres : «Tout est interrelié dans la nature. Même s’il n’y a pas d’arbres [dans l’océan], ce qu’on fait sur la terre affecte ce qui arrive dans l’océan».   

Au cours de sa carrière, l’artiste a habité dans plusieurs provinces canadiennes. Elle s’est établie en Colombie-Britannique durant quelques années et a passé un an à Edmonton, en Alberta. Elle a également vécu quelques mois en Ontario, et près de quatre ans dans la ville de Québec. C’est cependant dans la région, particulièrement dans les villes de Lachute et Saint-Placide, que s’est tenue la majorité de ses expositions. Aujourd’hui, alors qu’elle a cessé l’enseignement aux adultes, elle entre en production à l’automne et crée jusqu’au printemps. L’été, place aux expositions, au golf et aux randonnées en plein air. Une vie qui lui ressemble; un processus créatif qui va au rythme de ses inspirations.  

L’atelier de Sheila Watson inclus dans le circuit de la Route des Arts 

En plus de voir certaines de ses œuvres exposées tout l’été à la Maison de la Culture de Saint-Placide, quelques-unes d’entre elles seront présentées du 8 juillet au 8 août lors de l’EXPO Loco-motion, à la Galerie Route des Arts de Lachute. Vingt-sept (27) artistes et artisans participeront à cette exposition dans le cadre de la programmation de la Route des Arts 2021. Cette année, en réponse aux conditions sanitaires particulières, certains artistes, dont Mme Watson, ont choisi d’ouvrir leur atelier sur rendez-vous seulement, alors que d’autres recevront les visiteurs qui se présentent sans avis préalable.   

Cette année, les passionnés pourront parcourir le circuit de la Route des Arts du 4 au 8 août, et découvrir les artistes et artisans de la région.  Informations: https://routedesarts.ca