Renaud Simard a participé à des séances d’entraînement le week-end dernier avec l’organisation de l’Océanic de Rimouski.
Renaud Simard a participé à des séances d’entraînement le week-end dernier avec l’organisation de l’Océanic de Rimouski.

Renaud Simard s’approche doucement de son rêve après une année de sacrifices

Benoit Deschamps
EAP
Imaginez-vous un instant être près de votre rêve et soudainement, le voir se dérober devant vous sans pouvoir contrôler la situation. Repêché dans la LHJMQ par l’Océanic de Rimouski en juin 2020, c’est ce qu’a vécu le jeune gardien de but Renaud Simard au cours de la dernière année. Loin de se laisser abattre, il a mis les bouchées doubles à l’entraînement avec la collaboration de ses parents, ses amis et son établissement scolaire. Voilà un exemple de détermination pour tous les jeunes d’Argenteuil.

Revenons en arrière, soit en août 2020. Suite à la séance de repêchage virtuelle, Renaud s’attend à participer au camp de l’Océanic à titre de joueur recrue de 16 ans. En raison des consignes sanitaires, le camp a été ouvert à seulement 36 joueurs, dont quatre gardiens.  Préparé et enthousiaste face à ce défi, il doit se résigner et il accepte la situation avec sérénité; les vétérans ont la priorité pour les places restreintes. Il se dirige donc avec entrain vers le camp de l’équipe Midget AAA de sa région, soit les Vikings de Saint-Eustache. Après quelques jours, comme le veut la règlementation, les Vikings établissent leur liste de protection et Renaud est malheureusement libéré, l’équipe préférant aligner un gardien de 15 ans. Il reçoit alors l’appel de l’équipe de Lévis qui lui propose un essai. Il s’empresse donc de plier bagages et il se dirige à nouveau dans l’est de la province. Cela se passe relativement bien sur la patinoire, on procède même à son inscription à l’école. Le monde du hockey étant ce qu’il est, les coupures au niveau supérieur brisent à nouveau ses ambitions et il apprend qu’il sera inséré sur la liste du ballotage de la ligue. Au même moment, dans le tumulte de la situation de la Covid-19 et de la hausse des cas, la ligue Midget AAA suspend ses activités et il retourne à la maison en attente des derniers transferts de joueurs prévus le 7 septembre dans l’espoir de réaliser son rêve de joueur à ce niveau. 

Plan de sauvetage 

Silence radio le 7 septembre, Renaud est contraint de retourner jouer pour les Stars de Lachute près de son patelin. On imagine facilement que son moral est tombé à plat et qu’il fut passablement découragé. Nouveau rebondissement, après seulement une pratique, il reçoit l’appel des Conquérants des Basses-Laurentides Midget Espoir et cela le motive au plus haut point. L’équipe l’accueille chaleureusement, et ses parents acceptent d’embarquer dans le nouveau projet: quatre entrainements par semaine au Forum de La Plaine situé à 45 minutes du domicile familial. Les joueurs des Conquérants fréquentent habituellement une des écoles à proximité du lieu d’entraînement. Son père, Robert Simard, nous raconte: «Renaud est lui-même allé rencontrer la direction de la Polyvalente Lavigne qui a approuvé son projet sport-étude particulier obtenant ainsi la permission de s’absenter des séances de cours de l’après-midi.» 

Ce fut donc une saison entrecoupée avec les restrictions sanitaires mises en place à l’automne et en hiver. Loin de baisser les bras, le jeune Simard a poursuivi son entraînement personnel hors glace au centre Cross Fit Lachute que fréquentent également ses parents. Il peut aussi se concentrer sur ses études et finir sa cinquième année du secondaire. Toujours à l’affût de solutions nouvelles afin de garder la forme, il utilise même une surface synthétique qu’un ami entreposait chez ses parents afin de conserver et améliorer sa mécanique dans les filets. Il reçoit des tonnes de tirs, entre autres de son frère ainé Lou, en plus de fréquenter occasionnellement la glace pour des pratiques restreintes à un maximum de patineurs dans les Laurentides. Renaud a eu l’occasion de revoir ses coéquipiers pendant quelques jours en mars, jusqu’à ce que les restrictions les arrêtent de nouveau. 

L’appel de Rimouski 

Au moment où la situation devient difficile, Renaud reçoit l’appel tant attendu: l’Océanic l’invite au camp d’août 2021. Voilà tout ce que cela prenait pour le remettre sur les rails: au menu de la préparation physique, retour sur la glace synthétique avec son père Bob et son frère Lou, quelques séances avec un entraîneur rémunéré chez Intense hockey avec M. Proteau et chez BP à Laval. Ayant retrouvé sa motivation, Renaud met les bouchées doubles en vue de la poursuite de son rêve. En attendant, il termine ses études secondaires d’ici quelques jours avec brio et il poursuit les heures de travail acharnés au restaurant O’Frites de la rue principale à Lachute. N’hésitez surtout pas à le saluer, si vous passer par là! 

Le jeune Simard a goûté à la LHJMQ le week-end dernier alors qu’il s’est rendu à Rimouski en compagnie de sa mère Sonya Gaudreault pour quatre séances de tirs de 90 minutes avec quelques joueurs actuels et anciens de l’Océanic. Ce fut pour lui l’occasion de rencontrer les dirigeants de cette équipe avant le camp principal d’août prochain. «Puisque nous n’avons pas joué beaucoup de parties cet hiver, ils désiraient voir où nous en étions rendus. Nous étions quatre gardiens sur place et nous avons pu montrer notre niveau actuel. J’ai apprécié chaque instant de cette expérience et cela m’a donné l’énergie dont j’avais besoin pour me présenter au sommet de ma forme au camp!», soutient-il.  L’équipe du Bas du Fleuve est dirigée par Serge Beausoleil, entraineur et directeur-gérant depuis 2011, qui a signé un nouveau contrat de quatre ans lundi dernier. Un gros bravo au jeune Simard, ainsi qu’à ses parents qui le suivent dans ses aventures ainsi que celles de son jeune frère Thierry qui s’alignent avec les Sélects du Nord Bantam AAA.  Du hockey, on en mange chez les Simard! 

Renaud Simard entourés de ses parents, Robert Simard et Sonya Gaudreault.