Yvon Brabant parmi ses conifères.
Yvon Brabant parmi ses conifères.

Planter des arbres de Noël

Charles Durocher
EAP
Depuis près de vingt ans, Yvon Brabant est propriétaire de Boisé Brabant, une pépinière d’arbres de Noël près de Casselman. 

«J’ai acheté la ferme il y a 19 ans. Je prenais ma retraite et je voulais quelque chose de rassembleur pour ma famille. C’était ça mon idée, c’était de faire une affaire de famille.  J’ai trois enfants et neuf petits-enfants et je voulais faire quelque chose avec eux.»

Yvon Brabant, auparavant fonctionnaire, n’avait aucune expérience de cultivateur autre que celle d’avoir été élevé sur une ferme. 

«Je connaissais certaines choses, mais il y avait beaucoup à apprendre parce que c’est particulier de faire pousser des sapins. »

L’idée d’élever des arbres pour les vendre à Noël lui est venue du propriétaire précédent. Celui-ci avait une petite pépinière d’épinettes qu’il vendait comme arbres de Noël pour les gens de la région. 

«La terre est très pauvre ici. J’ai essayé de faire pousser du foin, mais ça ne poussait pas. C’est du foin qui n’était pas assez de bonne qualité pour les animaux. Les épinettes et les sapins, c’est ça qui pousse le mieux ici. » 

Fonctionnement de la ferme 

Boisé Brabant compte actuellement plus de 12 500 arbres. La plupart des arbres sont des sapins Fraser et des sapins baumier. « C’est là-dedans que je me dirige, confie Monsieur Brabant. Les sapins sont plus faciles à transporter parce que leurs branches sont plus molles. J’ai des épinettes blanches, des épinettes bleues, mais c’est de moins en moins vendeur. Ces arbres-là perdent plus facilement leurs épines parce que les robes sont plus épaisses, plus volumineuses, fait que les aiguilles à l’intérieur meurent. Les gens pensent que si un arbre perd ses épines il ne doit pas être bon, mais c’est tout le contraire, c’est parce qu’il pousse bien qu’il perd ses épines.» 

Depuis ses débuts, l’entreprise s’est diversifiée, notamment en investissant dans la production d’érables à sucre. 

«J’ai planté 700 érables à sucre. On a une cinquantaine d’arbres matures en ce moment et on fait notre propre sirop d’érable. D’ici deux ans, on devrait en avoir environ 200. » 

La production d’un arbre de Noël est un processus qui peut prendre entre sept à dix ans, selon Yvon Brabant. La plupart des arbres coupés sont donc plutôt jeunes, car les plafonds de hauteur normale ne permettent pas que les arbres soient plus grands que sept pieds et demi. 

Mais il y a aussi des gens qui veulent de plus gros arbres et qui ont des maisons assez grandes pour les accommoder. 

« Une personne a coupé un sapin de 12 pieds. Une autre personne a coupé une épinette de 12 douze pieds. La robe était gigantesque, elle devait avoir presque 7 pieds de large, fait que ça prend quasiment une chambre d’espace juste pour l’arbre de Noël! Et ça prend pas mal plus de bras pour le transporter… »

Rendement de la ferme

À bien des égards, la récolte de cette année est décevante aux yeux du propriétaire. Celui-ci affirme avoir perdu près de 70 % de croissance cette année en raison des mauvaises conditions météorologiques. « Certains arbres auraient dû être presque un pied plus grands. Comme ceux-là, par exemple, ils sont beaux, mais ils sont un petit peu slim. J’aurais pensé que la robe était pour grossir. Normalement, la robe aurait dû prendre au moins six à huit pouces. Je les trouve encore beaux mes arbres, mais je sais ce qu’ils auraient pu être. » 

Selon Monsieur Brabant, la demande pour les arbres de Noël est ahurissante depuis l’an dernier. « L’année passée ça a été spectaculaire, je ne m’attendais pas à ça. Je me suis fait vider complètement. J’en ai vendu au-dessus de 500. La dernière semaine j’ai été obligé de fermer les champs de sapin. »

Le cultivateur attribue ce regain d’intérêt à un effet de la pandémie COVID-19. « Avec la COVID, on a vu un intérêt spectaculaire pour les arbres de Noël. Mes ventes ont augmenté de 30%. Les gens sont plus désireux de faire une activité familiale pour créer des liens. Avant ça les gens on aurait dit qu’ils n’avaient pas le temps. Y’avaient trop de choses à faire, mais là ils prennent le temps de venir choisir un arbre en famille pour décorer leur salon. » 

Aperçu de la clientèle 

Boisé Brabant fait parfois affaire avec d’autres entreprises qui vendent des arbres de Noël, mais la plus grande part de ses recettes provient des familles qui achètent leur arbre de Noël sur place. « On fait affaire avec très peu d’entreprises. Y’en a qui sont venus l’année dernière, pis y’aurait pratiquement acheté la moitié de tout ce que j’avais, fait que là j’aurais plus un arbre au-dessus de quatre pieds sur mon terrain. » 

La plupart des clients viennent de la région de Prescott et Russell, mais certains clients viennent de plus loin. Yvon Brabant affirme que des clients viennent d’Orléans, d’Ottawa, de Lachine, de Cornwall et même de Smiths Falls pour acheter leur arbre de Noël chez lui. 

Impact environnemental

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’éveil d’une conscience environnementale populaire n’a pas eu un effet de refroidissement au niveau de l’intérêt des gens pour les arbres de Noël naturels. « Moi ce que je fais, c’est mieux pour l’environnement, affirme Monsieur Brabant. Les arbres artificiels contiennent plein de produits qui ne sont pas biodégradables. Ce sont des produits qui sont nocifs pour l’environnement et pour la santé des humains. »