Réal et moi!
Réal et moi!

Personnages des temps modernes… À chute!

Patrick Beauséjour
EAP
Quand je retourne chez nous ce que j’aime le plus, c’est la certitude de revoir certaines choses. Les habitudes bien ancrées dans le quotidien et le temps qui passe. C’est comme si le maître du temps avait élu domicile dans le comté d’Argenteuil.

Quand je suis sur la rue principale, sur la bonne vieille maine, je cherche du regard Réal qui marche Lachute de long en large depuis tant d'années. Sans le savoir, il aura marché compostel à sa façon une centaine de fois. Il marche sans but avec sa canne vers on ne sait où ni pour quelle raison. Même lui ne pourrait vous dire pourquoi! Dans mon imaginaire, c'est un peu notre Forrest Gump qui marche à perte de vue. Ceci étant dit, quand j'aperçois Réal, je me dis que mon Lachute roule dans le sens du monde et que tout est beau dans le meilleur des mondes. Réal, tu es le gardien de notre rue principale, elle est à toi en quelque sorte.  

En janvier, il y a notre tournoi midget. Quand j’étais petit, c’était pour moi ti-cul du petit Canada nos séries de la coupe Stanley. À mon époque, les midgets avaient de la barbe, fumaient et prenaient de la bière après les parties. Mais les temps ont beaucoup changé.  

Une chose est sûre, l’aréna était plein toute la semaine durant le tournoi, c'est le haut lieu pour rencontrer des filles quand vous étiez adolescent. Si par-dessus le marché nos stars remportent le tournoi alors là, c’est l'apothéose. Le tournoi est comme un des plus importants personnages de ma ville.  

Dans mes certitudes, il y a aussi Ginette la brigadière qui faisait traverser les enfants du p’tit Canada à l’école Saint-Alexandre, via la rue principale. Imagine, elle a pratiqué son métier du temps que moi j'étais au primaire jusqu’en 2020. C’est de la certitude avec un grand C! Ginette, gardienne de la route et du trafic, qui passe. Marcel et son bicycle ou bicycle et son Marcel (l’un ne va pas sans l’autre).  

Si vous êtes du coin, vous savez que Marcel est le frère de Réal, celui qui marche de long en large. Il se promène en 10 vitesses avec le guidon à l’envers et une cigarette sur le coin de la bouche. Il n’a jamais dépassé les limites de Lachute dans sa vie, mais avec son vélo, il aura fait le tour de France plusieurs fois. Plus que Lance Armstrong lui-même! Au lieu de ne rien faire, il pédale pour vivre, j’ai l’impression. Il donne un sens à sa vie à coup de chaîne qui débarque. Il est aussi un peu beaucoup Forrest Gump sans vraiment de malice, un peu sauvage. Des fois, je l’imagine avec E.T dans un panier à l’avant de son bolide! Il pourrait très bien le reconduire chez eux, il en aurait l’énergie, j’en suis persuadé. Pédale Marcel pédale!  

Il y a aussi dans mes certitudes, le plus grand admirateur de Kiss à l’ombre de l’univers: Michel Durand alias «Dudur» pour les vrais! Sa maison sur la rue Ray est littéralement tapissée à l’effigie de Kiss. Un musée en quelque sorte pour le groupe rock. «Dudur» est portier au top shot. Ça tombe bien, il est large comme un cadre de porte! Une rockstar à sa façon aussi.  

Lachute plein de couleur, même quand ce n’est pas l’automne. Mon Lachute et ses personnages aux quatre coins de la ville. J’aimerais vous dire que le bronx d’Ayersville a changé, mais tel n’est pas le cas. 

Malgré tout Lachute est en train de se redéfinir pour le mieux et c’est tant mieux. Bordée par la rivière du nord, elle coule tranquillement dans nos veines. Nous sommes chacun de nous une parcelle de cette belle ville folklorique.  

Bienvenue «À…chute».  

Le Barbu de Ville
La Maine de Lachute