Yves Filion et sa petite-fille Émy à la ferme Bayama de Saint-André d’Argenteuil.
Yves Filion et sa petite-fille Émy à la ferme Bayama de Saint-André d’Argenteuil.

Palefrenière pour son grand-père à 13 ans: 1re victoire en carrière pour Émy Filion-Mainguy  

Benoit Deschamps
EAP
C’est connu ici, la passion des chevaux coule dans le sang de la famille Filion depuis des lunes. Récemment, cette passion a atteint la troisième génération quand la jeune Lachutoise Émy Filion-Mainguy a débuté sa jeune carrière dans le monde des courses sous harnais à titre de palefrenière pour son grand-père, Yves Filion, de la ferme Bayama de Saint-André d’Argenteuil.  

La jeune fille de 13 ans, qui avait déjà son permis du Québec, a récemment obtenu celui de l’Ontario afin d’agir à titre de palefrenière. Depuis son plus jeune âge, la fille de Julie Filion suit les exploits de son grand-père avec intérêt, que ce soit à Trois-Rivières, à Ottawa ou tout simplement à la télévision. Elle aime se rendre à l’écurie et prendre soin des chevaux. Elle donne régulièrement un coup de main en s’occupant de donner la nourriture spécifique à chacun des chevaux, soit du foin, de la moulée pour certains ainsi que de l’eau. Il faut bien connaitre chaque cheval et ses habitudes alimentaires. Elle suit les précieux conseils de son papi et les enregistre mentalement afin que chacun soit au meilleur de sa forme le moment venu. 

C’est à la piste de Rideau à Ottawa que la jeune Filion a récemment commencé son nouveau travail auprès de Colonel Bayama, un poulain de trois ans. «C’est un travail rigoureux, on installe les chevaux dans la remorque et on quitte la ferme en direction d’Ottawa pour deux heures de route. Le travail se poursuit ensuite sur place et débute environ 90 minutes avant la course. Je dois brosser le cheval au complet :  sa crinière, son corps et ses pattes. Par la suite, je dois préparer l’attelage, installer la bride et les équipements. Lorsque le cheval est prêt, le conducteur va l’échauffer sur la piste deux courses avant l’heure du départ. Je continue ensuite de prendre soin du cheval jusqu’au moment de la course, et le travail reprend tout de suite après, alors je dois enlever l’attelage, laver le cheval à l’éponge avec de l’eau tiède, je lui donne à boire, de l’eau froide, mais pas trop, et je l’essuie avec le scraper… Je dois aussi aller faire marcher l’animal afin qu’il reprenne son souffle et sa température normale. En cas de victoire, le tout se réalise dans la zone de test.»  

Un dimanche victorieux  

Le dimanche 18 juillet dernier, Émy a eu le plaisir d’agir à titre de palefrenière à nouveau, cette fois-ci au Québec, à l’hippodrome de Trois-Rivières. Cette journée revêtait un caractère spécial pour elle, car elle avait le mandat de s’occuper d’une pouliche de trois ans, Célia Bayama, gagnante de la coupe de éleveurs en 2020 chez les ambleurs de deux ans. «Il s’agit d’une petite pouliche qui est très nerveuse. J’ai beaucoup d’affection pour elle, surtout depuis que j’ai accompagné mon oncle Justin sur le sulky à l’entrainement au printemps dernier sur la piste de la ferme familiale.» Rappelons que Célia Bayama fut temporairement détentrice du record du parcours (1 :55.3) à Trois-Rivières suite à cette victoire en finale en septembre dernier pour le conducteur Sylvain Filion, l’oncle d’Émy.  

Cette fois-ci, c’était le paternel qui était aux guides de Célia et la jeune Émy a vu ses récents efforts récompensés par la victoire de son grand-père âgé de 74 ans, sa 4175e victoire en carrière. Elle a vécu toute une sensation et un sentiment de fierté l’a envahie. Parions que cette victoire avait un goût particulier pour M. Filion et sa petite fille! 

Émy Filion-Mainguy dans le cercle du vainqueur en compagnie de son oncle Justin, de la pouliche Célia Bayama et son grand-papa Yves Filion.