Kevin Lowe, l’incontournable # 4, passe à l’histoire.
Kevin Lowe, l’incontournable # 4, passe à l’histoire.

Lowe a enfin la cerise sur le sundae!

Marc-Antoine Bergeron
EAP
Une partie de Lachute trône maintenant dans les hauteurs du Rogers Place à Edmonton ainsi qu’au Temple de la Renommée du hockey à Toronto par le biais de Kevin Lowe qui a enfin eu droit aux ultimes honneurs en voyant son chandail numéro 4 retiré par les Oilers et en faisant son entrée au Temple sacré!  

Après avoir remporté plusieurs honneurs collectifs au cours de sa carrière, dont 6 Coupes Stanley au sein de groupes hyper étoilés, Kevin Lowe peut maintenant briller à sa pleine lumière au sein de toutes ces constellations de co-équipiers vedettes. Si ses ex-coéquipiers Gretzky, Messier, Kurri, Coffey et Anderson ont déjà été admis au Temple en raison de leurs talents offensifs, tout le monde reconnaît que Lowe y sera pour la stabilité et la combativité qu’il a apportées à cette dynastie.  

Le numéro 4 aura contribué entre autres aux succès du célèbre 99: «Les jeunes joueurs de hockey grandissent souvent en ayant comme idoles les Crosby, Lemieux, Messier, Howe, etc., mais ces joueurs hyper talentueux sont peu nombreux. C’est bien aussi de voir que des joueurs peuvent accéder au Temple de la Renommée en raison de leur travail acharné et de leurs qualités défensives! Kevin était celui qui nous poussait à être meilleur. Ça inspire plusieurs jeunes à rêver aux grands honneurs, même s’ils ne sont pas les meilleurs marqueurs de la ligue!», a déclaré récemment Wayne Gretzky au sujet de son grand ami. Gretzky avait même demandé à Lowe de partager un appartement avec lui dès ses débuts avec les Oilers. Lors de son discours d’intronisation au Temple de la Renommée, Kevin Lowe a cité le légendaire Jacques Lemaire: «Il disait qu’au hockey il y a deux filets. Et les deux sont aussi importants l’un que l’autre!».  

Lowe a aussi rendu hommage à ses parents, d’entrée de jeu: «Ma mère était ma plus grande fan! Son joueur préféré a longtemps été Jean Béliveau. Pas seulement pour ses grands talents de marqueur, mais aussi parce qu’il était un grand individu en dehors de la patinoire. J’ai toujours voulu imiter ce trait de Béliveau et que ma mère soit fière de moi!».  

Ces honneurs reçus ces derniers jours rejaillissent sur la grande famille Lowe ainsi que sur toute la communauté lachutoise! «La famille Lowe, ce sont les pionniers du hockey à Lachute», déclare Jean Labelle, qui a été l’entraîneur de Kevin au niveau pee-wee. «Je l’avais nommé capitaine de l’équipe, car il était aimé de tout le monde! À ce moment-là, il était solide, mais pas nécessairement dominant. C’est avec les Remparts de Québec qu’il a vraiment débloqué», raconte M. Labelle qui aimerait bien que la ville de Lachute souligne les derniers honneurs de Lowe… «Peut-être au prochain tournoi midget par exemple! », propose-t-il.  

Ce beau parcours, Kevin le doit en bonne partie à son père Clifford qui faisait une grande patinoire extérieure à Lachute quand il était tout jeune en utilisant l’équipement de la célèbre crèmerie dont il était propriétaire. Malheureusement, son père est décédé quand Kevin avait 13 ans. Il ne l’a donc jamais vu jouer junior ou professionnel. «Mon père m’a inculqué l’ardeur au travail ainsi que le leadership», a déclaré celui qui a gagné le trophée King Clancy en 1990 pour son leadership sur la patinoire ainsi qu’à l’extérieur en s’impliquant entre autres dans plusieurs activités humanitaires.  

Son ancien entraîneur avec les Oilers, Glen Sather, mentionne que Lowe et Mark Messier étaient ses deux joueurs avec le plus de caractère, d’intensité et qui détestaient le plus perdre. «Quand j’étais jeune, même si je ne faisais que jouer au hockey-balle dans la rue, je brisais mon bâton sur le filet si je perdais la partie. J’avais le même désir de vaincre dans la LNH, mais je n’ai jamais engueulé un coéquipier cependant», a confié Lowe cette semaine, lui qui n’était vraiment pas tendre avec un adversaire qui tentait de s’installer devant le filet des Oilers.  

Lowe a été le premier choix au premier repêchage de la LNH des Oilers et c’est lui qui a marqué le premier but de l’équipe dans la grande ligue. Âgé de 62 ans, il aura toutefois dû attendre 20 ans après son éligibilité pour être introduit au panthéon. Toutefois, depuis 2005, un trophée portant son nom est remis au meilleur défenseur défensif de la Ligue de hockey junior majeure du Québec. «Je ne me suis jamais vu comme quelqu’un qui pouvait être au Temple de la Renommée. Mon but a toujours été de gagner la Coupe Stanley. J’en suis donc très ému», a déclaré Lowe, qui a joué près de 1500 parties dans la LNH et qui ne se gênait pas pour se jeter par terre afin de bloquer les puissants lancers d’Al McInnis des Flames entre autres.  

Plusieurs, dont son ancien co-équipier Grant Fuhr, le considèrent comme un des meilleurs défenseurs défensifs de toute l’histoire de la LNH. Kevin n’est pas le seul Lowe au Temple de la Renommée du Hockey à Toronto puisque son frère Ken y avait été introduit en 2019 en tant que soigneur. Avec ces derniers honneurs, on peut dire que celui dont la famille a fait la renommée de la région avec leur célèbre crèmerie a véritablement mis une cerise sur le sundae de sa carrière!  

Le petit Kevin, capitaine de l’équipe, est assis à droite de l’entraîneur-chef au milieu.  Complètement à droite, on reconnaît Jean Labelle, enseignant retraité de la polyvalente Lavigne.
La bague remise lors de son intronisation au Temple de la Renommée du hockey à Toronto.