Falcon Lake, 1er long métrage de l’actrice Charlotte Le Bon, tourné en grande partie dans un chalet rustique isolé de Gore, est l’une des 40 productions en cours dans les Laurentides depuis janvier se rapprochant du nombre record de 49 tournages réalisés en 2014.
Falcon Lake, 1er long métrage de l’actrice Charlotte Le Bon, tourné en grande partie dans un chalet rustique isolé de Gore, est l’une des 40 productions en cours dans les Laurentides depuis janvier se rapprochant du nombre record de 49 tournages réalisés en 2014.

Les dessous de la réalisation de Falcon Lake

Mylène Deschamps
EAP
Par une chaleur accablante, l’équipe de production de Métafilms a accepté d’ouvrir son plateau aux médias locaux qui ont pu baigner dans cet univers l’instant d’un après-midi de fin de production. Regard sur les dessous de la réalisation de Falcon Lake, l’un des plus gros plateaux de tournage de l’année 2021 dans les Laurentides.  

L’entrée discrète sur un chemin de gravier mène à un décor éblouissant; un chalet rustique digne de décors de cinéma, une clairière et une vieille grange accaparée par l’équipe technique surgissent.  Les comédiens s’affairent à travers les herbes hautes; les techniciens sont concentrés et le jeune comédien Thomas, qui en est à sa 1re expérience, divertit les journalistes entre deux scènes.    

Ce petit paradis, qui a été le fruit de plus de deux ans de recherche pour Catherine Boily, coordonnatrice en recherche de lieu, n’était pas prédestiné. Mais la réalisatrice Charlotte Le Bon, qui avait dû faire le deuil de deux chalets précédemment trouvés (la situation pandémique ayant forcé le report de plusieurs tournages), a eu un coup de cœur… Rien à voir avec ce que l’équipe recherchait de prime à bord : il n’y avait pas de lac et les pièces étaient toutes petites rendant le travail technique plus difficile.  Par contre, ils ont quasiment conservé intact le décor de l’intérieur du chalet, qui a été finalement proposé par la propriétaire elle-même, Nina, et qui représentait l’âme de ce que la réalisatrice recherchait avec ses cadres, ses multiples bibelots et son piano ancien. 

«J'aimerais dire que c'est nous qui avons déniché ce magnifique lieu de tournage, mais ce ne fut pas le cas, avoue Marie-Josée Pilon, directrice chez Films Laurentides.  Par contre, le fait d’avoir fait du repérage, d’avoir proposé pas moins de 200 lieux de tournage potentiels, d’avoir fait visiter ceux qui retenaient l’attention de la réalisatrice a fait en sorte que la collaboration s’est installée avec l'équipe tout au long du processus. La production savait que Film Laurentides les assisterait pour la suite des choses.» Film Laurentides s’assurent ainsi de la bonne entente entre tous en refilant aussi des conseils autant aux locataires qu’au producteur. 

C’est donc principalement à Gore (Lakefield) que cette co-production France-Québec a déposé ses valises pour ce film qui devrait sortir en salle en juin 2022. Mais la magie du cinéma assumera que le bord de l’eau de Falcon Lake se retrouve au Lac Harrington divisant la production en deux endroits. «Et il fallait trouver un endroit en fonction du soleil!», insiste Mme Boily, visiblement émue de savoir qu’ils en sont à la fin. 

L’apport de Film Laurentides 

Bien que le tournage compte 29 jours, il est important de préciser que les jours de préparation pour les décors et la remise en état des lieux représentent souvent jusqu’à 6 à 8 semaines de retombées économiques dans la région.  «Ma collègue Élisabeth Dumouchel et moi avons mis beaucoup d’effort en amont, ajoute Mme Pilon. Ce sont d’importantes retombées économiques et des milliers de nuitées qui seront comptabilisées.» Par exemple, l’hôtel du Carling Lake, qui ne croyait pas rouvrir en raison du contexte sanitaire et de l’annulation de grandes réceptions, a déjà reçu des équipes de quatre autres productions depuis le début de la saison estivale.   

«L’aide a été exceptionnelle depuis le début.  C’est une ressource extrêmement importante, lance Sylvain Corbeil, le producteur de Falcon Lake, qui travaille en collaboration avec Film Laurentides ainsi que sa directrice Marie-Josée Pilon depuis plus d’une vingtaine d’années et dont la complicité entre les deux collaborateurs est perceptible.  Pour eux, Film Laurentides devient un facilitateur, qui aide à sauver du temps et de l’argent et qui donne assurément le goût de revenir dans notre région.  

«Métafilms se spécialise dans le cinéma d’auteur, nous avons des budgets limités, mais aussi des ambitions élevées,  évoque celui qui n’avait que des éloges à faire à l’endroit du maire de la municipalité Scott Pearce et de ses citoyens, dont plusieurs ont fait des rôles de figuration. Il y a une volonté d’accueil ici! (…) Si tous les maires de toutes les villes étaient comme ça!» 

Parmi les autres projets 2021, on retrouve Jules au pays d’Asha, une équipe de production qui s’est installée le long de la rivière Rouge pour une vingtaine de jours, Lac-Noir, une nouvelle série fiction produite par Pixcom et tournée en partie dans Wentworth-Nord, Autant en emporte les framboises, tournée en partie à Oka et réalisée par Philippe Falardeau. 

Depuis sa création en 1997 et avec non moins de 625 tournages, Film Laurentides est un organisme à but non lucratif qui a positionné la région au sein de l’industrie cinématographique et télévisuelle.  

 Sylvain Corbeil, producteur chez Métafilms, et Marie-Josée Pilon, directrice chez Film Laurentides, ont développé une réelle complicité en travaillant plusieurs projets de pairs au cours des dernières années. Falcon Lake, leur dernière collaboration, représente plus de 29 jours de tournage dans la région à Gore et à Harrington.