Les Lions de St-Jérôme visitaient les Stars de Lachute le week-end dernier. Le fils du Barbu de Ville pose fièrement à l'aréna où les souvenirs de son père se bousculent.
Les Lions de St-Jérôme visitaient les Stars de Lachute le week-end dernier. Le fils du Barbu de Ville pose fièrement à l'aréna où les souvenirs de son père se bousculent.

Les 2 pieds dans la nostalgie!  

Patrick Beauséjour
EAP
Dimanche 7 novembre 2021, je suis en direction de la patinoire de la rue Hamford à Lachute, plus précisément à l’aréna Kevin Lowe-Pierre Pagé. En chemin, j’écoute Henri Band. Si Lachute était une chanson, elle serait du rock de «swap», les deux pieds dans le folklore!  

À chaque fois que je viens faire un tour chez nous, c’est comme un pèlerinage même si je n’habite pas loin, à Mirabel, secteur Saint-Canut. Cette journée-là était bien spéciale dans mon cœur de Lachutois et ancien partisan des Stars. J’étais assistant-entraîneur dans l’équipe de mon fils. J’ai mis les pieds dans l’aréna de la rue Hamford comme adversaire pour la première fois de ma vie. J’étais un Lion de Saint-Jérôme! Un petit dimanche de rien, plein de soleil, un beau ciel bleu et plein de souvenirs qui viennent faire leurs tours dans ma tête. J’ai les deux pieds solides dans la nostalgie bien ancrés dans mes souvenirs de p’tit gars! Thundercraft, Naya, le tournoi midget, les Rapides dans le senior, l’odeur d’une pétaque au vinaigre de la petite cafétéria de l’aréna et le couloir qui mène au vestiaire! 

Mon fils qui rentre dans le mythique endroit avec sa poche de hockey et son bâton sur l’épaule, mon défenseur préféré de tous les temps, mon Bobby Orr, mon Denis Potvin, mon Raymond Bourque, mon Chris Chelios. J’ai la larme facile. Je voudrais pleurer de fierté, mais je ne le ferais pas, car je suis dans le vestiaire avec 12 petits bonshommes et je ne voudrais pas faire honte à mon défenseur! 

 Je fais un «speech» d’avant-match bien senti et je dis aux gars qu’ils devront donner leur maximum à chaque "shift" sur la glace, car c’est la marque de commerce des équipes de Lachute et que j’étais bien placé pour le savoir, car j’y suis né. Surtout, que j’avais passé mes hivers dans cet aréna et celle de l’autre à côté, la non moins mythique grange! Nos Lions ont remporté la victoire 3-2 dans un match très chaud.  

Notre coach Sébastien a donné la première étoile à notre gardien de but et c’était bien mérité. Comble de bonheur en sortant vainqueur de l’aréna, mon cousin Stéphane le meilleur livreur de pizza dans le comté d’Argenteuil depuis 20 ans m’attendait à la sortie avec son fils le petit Olivier. Pourquoi on aime les gens? Ça demeure un mystère pour moi. J’ai toujours eu cette connexion bien spéciale avec mon cousin. Quand je le vois, c’est comme si ça faisait 5 minutes. Je trouve ça fascinant.  

Après, avec mes héritiers, nous sommes allés faire un tour chez ma vieille mère, celle qui fait des beignes aux patates. Elle habite depuis longtemps la paroisse de Saint-Julien, en fait depuis que nous sommes déménagés du p’tit Canada en 1987. Quand nous sommes arrivés, «Mado» était assise sur sa galerie à contempler le temps comme dans le temps. Elle avait à côté d’elle une petite radio transistor comme dans le temps, un petit verre en vitre -qui était un pot de moutarde avant- rempli de bière. Comme dans le temps. Comme si le temps s’était arrêté pour ma mère. Comme si le temps n’avait pas d’importance.  

Elle écoute encore la radio de Lachute via les ondes du 104.9 FM l’ancien CJLA! Le maître du temps n’a aucune emprise sur ma vieille bonne femme adorée! Mes enfants faisaient le tour de son logis comme si c’était un musée. Les photos de leur père et de leur oncle Marco sont partout sur les murs. Un logis d’un autre temps, un logis figé dans le temps, celui qui a suivi mon enfance. Les deux pieds dedans. 

Il y avait un article de Mylène Deschamps qui parle de moi et du Barbu de ville accroché sur son frigo. Ma mère ce n’est personne, ma mère, c’est une femme de ménage à la petite semaine qui a élevé seule à bout de patience deux mongoles à batterie. Ma mère c’est un petit bout de femme presque au bout d’elle-même achevé par le maudit temps. Ma mère est celle qui m’aime le plus au monde, j’en suis persuadé! Chaque fois que je vais chez eux, c’est être entre les lignes d’un poème. Elle qui ne sait ni lire ni écrire. Comme je te dis à chaque fois que je te vois, je t’aime ma vieille.  

Nous avons fini notre pèlerinage avec une visite à la patate Labelle! Question de respecter le protocole d’un bon Lachutois. Et comme rien n’est éternel, j’ai appris que le resto fermera ses portes en janvier et février comme l’an passé!!! Jamais au grand jamais je n’aurais cru ça possible de voir ça de mon vivant! Ça aura pris une pandémie mondiale qui en fini pu de finir pour fermer cette institution durant nos froids hivers.  

Dimanche, j’étais à chute!  

 

Le corridor menant aux vestiaires de l'aréna Kevin Lowe-Pierre Pagé.
Le Barbu de Ville