Scott Pearce, maire du canton de Gore depuis 2003, pose un regard sur les dossiers qu’il trouve prioritaire.
Scott Pearce, maire du canton de Gore depuis 2003, pose un regard sur les dossiers qu’il trouve prioritaire.

Le maire du canton de Gore élu 2e vice-président de la Fédération canadienne des municipalités

Josianne Binette
EAP
L’annonce a été officialisée le 4 juin dernier lors de l’assemblée générale annuelle de la Fédération canadienne des municipalités (FCM): Scott Pearce a été élu au terme du vote par l’ensemble des membres, soient quelques 1600 maires et conseillers municipaux de partout au Canada.  Il succède à M. Darren Hill, un conseiller municipal de la Ville de Saskatoon. 

À la FCM, les membres du comité exécutif se voient octroyés un mandat d’un an suite à leur élection, à l’issue duquel ils passent à l’échelon supérieur. Cette nomination est donc la suite logique du cheminement de M. Pearce au sein des officiers de table, puisqu’il avait d’abord été élu 3e vice-président en 2020. Il précise cependant que bien que le système démocratique de la Fédération soit ainsi pensé, rien ne garantit un tel parcours : «Même si on augmente de niveau [à chaque année], si quelqu’un veut se présenter, il a le droit de le faire. Dans la majorité des cas, une fois qu’on est élu 3e [vice-président], c’est automatique, tu deviens président après 3 ans. Mais au FCM, c’est extrêmement démocratique, alors il y a toujours des élections pour les postes».  

Activement impliqué en politique municipale, M. Pearce est membre du conseil d’administration de la FCM depuis 2009. Il assurait jusqu’en 2020 les rôles de vice-président du caucus du Québec, ainsi que du Forum rural. Par ailleurs, les dossiers qu’il juge prioritaires ont tous un lien commun; celui de défendre les intérêts des zones rurales, notamment en matière d’environnement. Il considère primordial que les besoins et réalités des résidents de ces zones soient pris en considération dans les politiques du gouvernement fédéral : «il faut trouver une façon d’expliquer au gouvernement et aux grandes villes que nous [les régions rurales] aussi on est importantes».   

M. Pearce soutient que ses objectifs sont partagés par bon nombre de ses paires à l’échelle nationale. Suite à son élection comme 3e vice-président, l’homme politique avait reçu plusieurs appels provenant d’élus de partout au pays, pour le féliciter, mais également pour l’encourager à poursuivre les échanges afin de faire avancer certains dossiers particulièrement délicats. Cette cohésion, jumelée à sa réputation d’homme d’équipe, aurait largement contribué à obtenir leur soutien lors des élections de 2020, puis de 2021: «Je pense que j’ai gagné beaucoup d’appuis des élus parce que [je dis toujours que] je suis plus à l’aise si le conseil d’administration prend des décisions avec nous, plutôt qu’on prenne des décisions, et qu’on les impose. C’est une façon respectueuse de travailler avec les gens».   

Des dossiers complexes en cours  

De son propre chef, M. Pearce admet qu’il n’est pas toujours facile de mettre de l’avant certains enjeux, surtout à l’ère où le virage vert devient pressant. Bien qu’il appuie fermement les initiatives permettant de réduire l’empreinte écologique de chaque citoyen, il soutient que certains impacts, surtout sur les régions rurales, ne sont pas forcément pris en compte à leur juste valeur. En ce sens, il donne en exemple l’électrification des transports publics dans les grands centres, en précisant qu’une nuance considérable le préoccupe: «On ne peut pas détruire l’eau et le sol en même temps qu’on dit qu’on règle les gazes à effet de serre. […] Quand tu creuses une mine pour extraire du graphite, il y a beaucoup de dégâts et de problèmes environnementaux qui se créent. Ceux qui profitent de ça, c’est les grandes villes et leur transport public, mais ceux qui paient le prix, c’est les régions».   

Outre les impacts environnementaux, il souligne que l’acceptabilité sociale demeure un défi pour les élus des régions touchées dans ce type de dossiers, et est heureux de poursuivre son travail dans le plaisir et la rigueur, maintenant à titre de 2e vice-président: «J’aime rire, je ne me prends pas trop au sérieux, mais quand il y a un dossier dont je veux parler, je gagne mes débats. Quand c’est le temps de faire le travail, je ne lâche pas mes dossiers».  

Un homme impliqué  

L’aventure politique de Scott Pearce a commencé en 2003 lorsqu’il est devenu conseiller municipal du Canton de Gore, pour ensuite y être élu maire l’année suivante. Il siège également au conseil d’administration de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) depuis décembre 2013 à titre de représentant des municipalités bilingues. Il fut d’ailleurs l’un des rares candidats à la vice-présidence du FCM publiquement appuyé par la FMQ en 2020. Par ailleurs, M. Pearce agit à titre préfet de la MRC d’Argenteuil depuis mai 2014.  

M. Pearce conclut en soulignant sa fierté de pouvoir œuvrer à la FCM, dont les élus représentent  91% de la population canadienne. La Fédération regroupe plus de 2000 municipalités de toutes tailles ainsi que 20 associations provinciales et territoriales de municipalités. Depuis 1901, elle permet d’établir les priorités stratégiques qui reflètent les préoccupations des gouvernements municipaux. Outre M. Pearce, l’équipe actuelle est composée de la présidente, Mme Joanne Vanderheyden (Ontario), de la 1ère vice-présidente, Mme Taneen Rudyk (Alberta), ainsi que du 3e vice-président M. Geoff Stewart (Nouvelle-Écosse). Les différentes régions du Canada sont ainsi représentées à la tête de la Fédération.