Les secteurs en bord de rive sont recherchés
Les secteurs en bord de rive sont recherchés

La bulle immobilière atteint la région

Benoit Deschamps
EAP
En février, selon l’APCIQ, le prix médian des résidences unifamiliales a bondi de 100 000$ sur une période d’un an à Montréal. La pandémie actuelle occasionnant une hausse fulgurante du télétravail, les gens quittent les grands centres tels qu’Ottawa et Montréal afin de se réfugier dans la quiétude de Hawkesbury, Lachute et les multiples municipalités environnantes.  

«La région d’Ottawa-Gatineau regroupe environ 50 000 employés du gouvernement fédéral. Avec la hausse du prix des maisons, il n’est pas rare de voir un couple profiter de cette bulle pour vendre leur résidence cossue autour de 800 000$ et venir s’installer à Hawkesbury dans une résidence similaire pour la moitié du prix.» M. Steven Levac, agent immobilier pour Royal Lepage Performance, explique que la venue du télétravail incite ces fonctionnaires à s’éloigner du lieu physique de leur emploi. «Habituellement, je réalise environ plus de 125 transactions annuellement. L’été dernier, j’avais encore une quarantaine d’inscriptions, mais depuis novembre 2020, le marché s’est emballé. Plusieurs propriétés s’envolent en 48 à 72 heures alors que 5-6 offres arrivent en même temps. Notre inventaire de résidences disponibles est actuellement réduit à son minimum alors qu’une douzaine d’inscriptions figurent sur son site, incluant les terrains et le commercial.» 

Si la hausse du prix de vente des maisons est profitable aux vendeurs, il devient de plus en plus difficile aux acheteurs de trouver une maison accessible en lien avec leur budget, ce qui attire la sympathie de M. Levac. «N’oublions pas que les vendeurs désirent aussi ensuite s’acheter une autre propriété. Les raisons qui poussent les gens à déménager sont multiples : séparation, nouveau couple, retraite à venir, etc.» 

Du côté québécois, Guy Sauvé confirme également que la région d’Argenteuil et du grand Lachute est affectée par cet étalement urbain. D’ailleurs, L’APCIQ publiait récemment par communiqué des statistiques impressionnantes au sujet des Hautes-Laurentides, plus particulièrement le secteur Saint-Sauveur, Sainte-Agathe et Tremblant. Une hausse de prix de 40% des propriétés avec une moyenne du prix de vente à 350 000$ occasionne une rareté des résidences secondaires disponibles dans cette région et cela amène des répercussions dans Argenteuil en même temps que la bulle immobilière du grand métropolitain pousse les gens à s’éloigner de Montréal pour accéder à une résidence familiale. M. Sauvé raconte qu’il reçoit depuis quelques mois un nouveau type d’acheteurs. «Plusieurs personnes viennent regarder ce qu’Argenteuil peut offrir, que ce soit les chalets qui sont de plus en plus rares ou les terrains disponibles. Ils s’informent sur les services tels que l’aqueduc, les possibilités au niveau d’une résidence secondaire et même sur la règlementation au sujet du camping!»  

Par ailleurs, on peut difficilement passer sous silence la rapidité avec laquelle les vendeurs trouvent preneur pour leur domicile. «Nous ouvrons les offres sur une période d’une semaine, et ensuite, nous avisons les clients et leur agent du nombre d’offres et ceux-ci ont l’occasion de finaliser la leur. Cela nous tient fort occupés», ajoute-t-il. 

Qui dit hausse de la valeur du parc immobilier, dit également hausse du prix des logements. Cette hausse limite l’accès à la propriété pour plusieurs jeunes familles de la région. «Le prix de vente actuellement surpasse le prix affiché d’environ 10% dans plusieurs cas de figure. La location de maison devient alors une option pour plusieurs jeunes familles. Notons l’exemple de l’entrepreneur KL Mainville : il a acheté plus d’une cinquantaine de maisons depuis quelque temps dans Argenteuil. Il les rénove de fond en comble pour ensuite les offrir en location. Cela profite à tous ceux qui ne peuvent suivre la hausse ou même obtenir le financement à l’achat», nous fait remarquer l’agent immobilier qui termine cette semaine sa longue carrière d’enseignant en histoire à la Polyvalente Lavigne. «L’heure de la retraite a sonné, j’ai adoré ma profession et je peux dire mission accomplie ! Je me consacrerai maintenant à temps plein au domaine immobilier.» 

Les régions de l’est ontarien et d’Argenteuil ont beaucoup à offrir, on y retrouve un merveilleux amalgame entre la nature et les nombreux services aux citoyens, une communauté ouverte et plusieurs activités récréatives de toutes sortes. L’arrivée de l’autoroute 50 devait maximiser le potentiel de ces régions et la récente crise sanitaire aura au moins eu l’effet positif de revitaliser l’activité immobilière de ces magnifiques régions. Que ce soit l’acquisition d’une résidence le long de la rivière Outaouais, sur le bord d’un lac, dans un nouveau quartier de Hawkesbury ou Lachute, la venue récente d’industries profitera certainement à stimuler et revitaliser l’économie locale. 

Depuis les années 80 qu’on espère attirer la population urbaine à s’établir chez nous, l’heure est-elle enfin arrivée?