Liette Duval, au poste de chargeur du VacciBUS, prépare 22 doses de vaccins à l’heure.
Liette Duval, au poste de chargeur du VacciBUS, prépare 22 doses de vaccins à l’heure.

Autobus et chapiteaux: le VacciBUS s’arrête à Lachute  

Josianne Binette
EAP
Le VacciBUS s’est arrêté lundi dernier dans le stationnement du Carrefour Argenteuil afin d’atteindre ses objectifs de vaccination en étant près et accessible à la communauté.

Pascal Dinelle, un jeune homme de 16 ans, a profité de la venue du VacciBUS dans Argenteuil: «J’ai vu qu’à partir d’aujourd’hui je pouvais venir prendre ma deuxième dose. Le bus était là, sans rendez-vous, et là c’est fait». Quant au retraité Jean-Pierre Larivière, son rendez-vous était initialement prévu le 21 juillet: «On est venus au centre d’achats et on a vu qu’il y avait le bus. On s’est renseignés pour savoir si c’était Pfeizer. C’est notre deuxième dose».  

Le cas de M. Larivière est loin d’être isolé selon Jean-Marc Denommé, un agent de bord cloué au sol en raison de la pandémie devenu agent administratif pour le VacciBUS. Au cours des dernières semaines, plusieurs usagers lui ont confié que cet arrêt au VacciBUS n’était à l’origine pas prévu dans leur horaire. C’est également le cas de Maryse Courchesne, une résidente de Sherbrooke venue visiter son fils à Lachute : «On passait en avant, on a vu le bus. [...] Je ne voulais pas du tout du vaccin au départ. [...] Si ce n’était pas du VacciBUS, je ne me serais probablement pas fait vacciner».  

Depuis le 19 juin, 3500 vaccins ont été administrés par les travailleurs du VacciBUS, une initiative du CISSS des Laurentides, en collaboration avec le groupe exo et Paquette et Fils.  

Dans le but de maximiser le nombre de doses de vaccins administrées en variant l’offre de service, Caroline Chantal, directrice de la vaccination contre la Covid-19 dans les Laurentides, soutient que l’initiative pourrait faire la différence: «Dans la région, on est à 82% [de couverture vaccinale] chez les 12 ans et plus, mais le pourcentage qui nous manque pour atteindre certains groupes, ça demande un effort supplémentaire».   

Chaque jour, la clinique de vaccination mobile se positionne en un lieu stratégique, déterminé en collaboration avec les préfets des différentes villes, et offre, sans rendez-vous, l’administration d’une première ou deuxième dose du vaccin contre la Covid-19. Sur place: 3 tables d’inscription, 3 sites d'injection à l’intérieur de l’autobus, une salle d’attente sous des chapiteaux et un endroit, à l’écart, pour traiter les gens nécessitant des soins. À l’arrière de l’autobus se trouve le laboratoire; l’endroit où les doses de vaccin sont préparées par le chargeur.  

Liette Duval, infirmière clinicienne, occupait ce poste lors du passage au Carrefour Argenteuil. Ayant pris sa retraite avant la pandémie, elle est revenue prêter main-forte à ses collègues, d’abord en soutien aux cliniques de dépistages, puis à la vaccination: «Je suis une fille de première ligne; j’ai travaillé à l’urgence, je suis allée dans le Grand Nord avec les opérations d’évacuation, ma carrière, je l’ai terminée là. J’aime l’aventure, c’est pour ça que j’ai dit oui à l’autobus! C’est une affaire qui arrive une fois dans une vie, je suis contente de contribuer». Ce même sentiment de fierté habite M. Denommé: «Ce sont de très grosses journées de 12 heures, mais c’est vraiment l’fun! Les gens sont contents de se faire vacciner, et nous, on travaille fort, mais on est dehors, l’ambiance est bonne et on se rend utile».   

Le VacciBUS en chiffres 

Caroline Chantal précise la façon dont elle et son équipe ont dû adapter l’offre de service dès les premiers jours : «Au début, on prévoyait 150 doses de vaccin par jour. Après 4 jours sur le terrain, on est passés à 250 doses, soit notre moyenne actuelle». Une trentaine d’employés travaillent au bon fonctionnement des opérations: infirmières, agents administratifs et de sécurité, aides de services, en plus d’une brigade de deux personnes qui sillonnent les environs afin de répondre aux questions des citoyens indécis. La pertinence de l’initiative se confirme chaque jour.  «Aussitôt qu’on a atteint nos 250 doses, pour nous, l’objectif est atteint. Et quand on regarde les statistiques, on peut se dire que c’est encore plus réussi, parce qu’on va chercher la couverture chez nos groupes d’âge ciblés», dénote Mme Chantal. Près de 40% des vaccins administrés au VacciBUS sont des premières doses, et cette donnée grimpe à 63% chez les 12 à 17 ans.  

Selon Mme Chantal, plusieurs enjeux compliquent cependant les opérations, notamment les consignes pour la conservation adéquate des vaccins : «Une fiole contient 6 doses de vaccin, et on a 6 heures pour les administrer une fois qu’elle est ouverte. [...] À la base, les vaccins sont congelés, et doivent reposer 20 minutes à température ambiante, ou 2 heures au frigo, pour être administrables». Dans le but d’éviter le gaspillage de doses, l’application NotifVAX a été développée en collaboration avec une entreprise de Rosemère. Selon elle, cet outil facilite la gestion des doses tout en constituant un moyen efficace de rejoindre certains groupe : «On n’a pas perdu de doses jusqu’ici et on ne veut pas en perdre, alors on met tous les moyens en place, et l’application s’inscrit dans cet effort. [...] Ça fonctionne très bien chez les jeunes.».   

D’autres dates à venir dans Argenteuil  

Le VacciBUS sera en service jusqu’au 15 août 2021. Le calendrier des régions est en constante élaboration, mais son retour dans Argenteuil est au programme, au cours des prochaines semaines. Les dates seront confirmées prochainement.  

Pour consulter l’horaire du VacciBUS: www.santelaurentides.gouv.qc.ca