Des élèves exceptionnels au Sommet

 Au Sommet, on prépare l’avenir des élèves au rendement exceptionnel en les déstabilisant, en les forçant à puiser dans leur créativité afin de trouver des solutions à n’importe quel dilemme.
Anne Laflamme, directrice à l’École secondaire publique Le Sommet, dans son bureau, ou sa porte reste toujours ouverte pour les élèves, les parents et le personnel de l’école.
Anne Laflamme et Steve Frappier, directeur-adjoint de l’École secondaire publique Le Sommet.

«Le programme pédagogique du Bac International (IB) crée un profil d’élève capable de se débrouiller dans n’importe quelle situation problématique, là où il n’y a pas de solution tracée à l’avance», a estimé Anne Laflamme, directrice de l’École secondaire publique Le Sommet, à Hawkesbury, depuis 2004.

En Ontario, le statut d’élève surdoué est reconnu par le ministère de l’Éducation en tant qu’éducation spéciale. Donc, il va être traité sous la loi comme éducation spéciale, avec des fonds alloués précisément pour cela. C'est surtout à l'école primaire que les enseignants vont inviter les élèves qu’ils ont préalablement identifiés comme surdoués, à entreprendre une démarche d’évaluation. 

«Cette démarche est quand même assez exhaustive. Ça demande beaucoup d’évaluations par des psychologues, des orthopédagogues, plusieurs spécialistes, avant de pouvoir attester sa douance ou surdouance.» 

Une fois que l’élève a été attesté comme doué ou surdoué, à la suite de cette démarche, un plan d'enseignement individualisé (P.E.I.) lui est accordé. «L’attestation est un document légal que le ministère nous oblige à respecter et l’évaluation est faite gratuitement pour la famille. Donc, s'il y a une attestation, c'est bon d’avoir le diagnostic», selon la directrice. Cela peut impliquer des subventions pour l’achat d’ordinateurs ou le matériel nécessaire pour l’élève dans son apprentissage, si le PEI conseille d’en utiliser.  

Une fois que l’élève est rendu au niveau secondaire, cela ne se fait plus, généralement, puisque ça a déjà été fait au primaire. 

«Nous, à l'école secondaire, on ne fait plus de processus d'identification de l'élève, mais on s'assure de lui offrir une filière de cours qui répond à ses besoins, que ce soit en santé, en génie, en environnement, en arts, etc.», selon Mme Laflamme. 

Au Sommet, il n’y a pas de classes spéciales pour les élèves doués et surdoués. Tous les niveaux sont dans la même classe. La manière que cela fonctionne au secondaire, c’est par filière. Par exemple, l’élève doit choisir lui-même son champ d’intérêt, appelé filière, en fonction duquel il aura certains projets adaptés à ses compétences et curiosités académiques. 

«Les élèves se retrouvent dans les filières de cours qui vont les stimuler selon leurs intérêts. Ils vont choisir un domaine et à partir de là, ils explorent avec leur curiosité tout le potentiel qu’il peut y avoir», d’après la directrice. 

Les filières théoriques incluent des cours un peu plus avancés, où les élèves manipulent, essayent de varier les données, effectuent des synthèses, etc. Ils ont aussi un projet personnel à la fin du 10e secondaire et un mémoire de 4000 mots à la fin de leur secondaire. 

Comment est-ce que celui-ci diffère des programmes réguliers? Tout d’abord, la matière apprise ne va pas être simplement répétée une fois que l’élève est évalué. Au contraire, l'importance est accordée à la critique et à la réflexion que l’élève doit utiliser dans son processus d’apprentissage, qui se fait dans le bac international.  

La raison-d’être du bac international est de «créer un profil d’élève capable de se débrouiller dans toute situation problématique, là où il n’y a pas de solution tracée à l’avance. Il y a beaucoup de remises en question et ce qu’on veut faire, c’est déstabiliser l’élève. On veut aussi leur donner de bonnes méthodes de travail», a expliqué Mme Laflamme. En refusant d’offrir à l’élève des solutions toutes réfléchies à l’avance, qu’il doit régurgiter lors d’un examen ou d’une évaluation, on le force à penser par lui-même, à trouver des solutions créatives. 

De plus, à la fin du secondaire, les élèves vont obtenir non seulement un diplôme secondaire de l'Ontario, mais aussi un diplôme international, qui est reconnu par les universités. Pour la plupart, les élèves qui ont réussi à finir leur 12e année du IB auront une année reconnue et créditée par les universités, selon la directrice. 

«Le programme pour les élèves doués ici est un programme du bac international certifié, reconnu mondialement, un programme que les universités reconnaissent aussi. C’est un programme reconnu partout dans le monde. Si demain matin les parents décident de déménager dans un autre pays, s’ils inscrivent leur enfant dans une école du bac international, c'est la même philosophie pédagogique qu’il va suivre», a éclairci Mme Laflamme.   

C’est un programme qui est quand même dispendieux, mais qui est gratuit ici, en Ontario. En revanche, cela pourrait changer bientôt.  

 «C’est une question de temps avant que les parents doivent débourser des frais, parce que c'est très couteux pour le conseil scolaire et pour l'école. La raison c’est que chaque examen est corrigé par le comité du bac international, par les correcteurs du IB (International Baccalaureate). On doit envoyer les clés des examens des élèves et si l'examen revient avec 70, quand nous on pensait que c'était un 87, c'est impossible de le changer par la suite.» 

 «On a notre première cohorte d’élèves qui vont obtenir leur diplôme cette année et on est très très fiers d’elles. Cela fait déjà six ans que le programme existe», a lancé la directrice, fière. Ce sont précisément cinq filles, les premières dans le programme du IB, pour cette année. Il y a généralement 25 élèves en moyenne dans ce programme enrichi, moitié garçons, moitié filles. 

Les programmes du IB offerts au Sommet sont le programme intermédiaire (de la septième à la dixième année) et le programme du diplôme (la 11e et 12e année), tout en maintenant de bons résultats. 

La mission du professeur dans tout cela, c’est de constamment demander à l’élève s’il a envisagé toutes les possibilités, s’il a exploré la problématique qui le passionne de fond en comble.  

«Tu dois te faire une opinion personnelle et tu vas explorer ton opinion. Alors, le rôle du professeur c’est de dire à l’élève: est-ce que tu as exploré tous les avantages, tous les inconvénients de ton idée, est-ce que ta critique, ton analyse a tout englobé?»  

En fin de compte, les élèves dans le IB du Sommet n’ont pas nécessairement tous le diagnostic de quotient intellectuel élevé, mais ce sont des élèves qui réussissent très bien et qui aiment l'école traditionnelle, a résumé Mme Laflamme. 

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