Un rendez-vous de classiques rares    

André Farhat
EAP
La pandémie a entrainé dans son sillage les festivals, foires et autres occasions de rassemblements entre amateurs de passions communes. Les expositions d’automobiles d’époque n’y ont pas échappé. Toutefois, il est toujours possible d’admirer de vieilles machines et de montrer la sienne, tous les jeudis, à Whissell Town.  

« C’est vraiment une grosse famille! », a affirmé Audrey Séguin, qui agit à titre d’organisatrice du groupe Les Belles d’antan de Lachute. « On est rendus à 31 véhicules. »

Audrey Séguin a pris le relai de l’ancien organisateur l’an dernier. Comme le veut la coutume, le groupe s’est aussi rebaptisé. Et même s’il s’agit des Belles d’antan de Lachute, la bande accueille aussi des passionnés d’un peu partout, notamment de Saint-Eustache, Saint-Jérôme et Hawkesbury.  

Les gens qui se réunissent les jeudis dans le vaste stationnement de la halte 50, à la sortie 254 de l’autoroute 50, sont un contraste de détente et de ferveur. La plupart de ces véritables passionnés ont passé des années à remonter, modifier et bichonner leurs bolides. «Ça m’a pris trois ans pour la remonter au complet », a expliqué Marcel, qui n’hésite pas à expliquer, photos à l’appui, l’ensemble des travaux effectués sur sa camionnette Chevrolet C10 1963.  

Cet amateur de rock and roll, surnommé «Bad Boy», dont le métier a été de confectionner les intérieurs de véhicules, est l’incarnation même de l’esprit qui habite cette communauté. «J’ai 74 ans, mais disons que le moteur ne pas avec la carrosserie!», blague-t-il, faisant allusion au fait que son cœur (le moteur) est plus jeune que son corps (la carrosserie). 

Cette communauté est bien diverse. Les ainés côtoient les millénariaux sans distinction. Coralie est dans la jeune vingtaine, et elle s’est dénichée en mai une Volkswagen Fastback type III 1971. «Je suis ici parce que je voulais être dans un rendez-vous de vieux chars!», dit-elle tout sourire. 

Précieuses et rares 

Ce modèle ne court pas les rues, et c’est d’ailleurs une des particularités soulevées par Sylvain, de Lachute, un habitué des rendez-vous automobiles. Le propriétaire d’une Mercury Comet 1962 au rouge vif a dans le passé participé à 28 expositions et rendez-vous du genre en un seul été. «Ce que j’aime de Lachute, c’est qu’il y a beaucoup de modèles qu’on ne voit pas vraiment ailleurs.» Cette affirmation est d’ailleurs partagée par d’autres, et se manifeste par la présence de véhicules produits de façon très limitée. Ce jeudi, on y retrouve une Mercury Météor, édition Montcalm, S/33 1966, ainsi qu’une camionnette Chevrolet Caméo 3124 1957. Le propriétaire, qui l’a récupérée en Californie, où elle dormait depuis 35 ans dans un garage de Sacramento, explique que ce modèle a été produit à seulement 2200 exemplaires, et qu’il s’agit à sa connaissance du seul au Québec.  

Les curieux et amateurs de «machines» des Belles d’antan de Lachute se rencontrent jusqu’au 14 septembre au même endroit, et en ligne sur la page Facebook du groupe.