Les pompiers n’ont pas chômé, le mercredi 29 avril. À 17h déjà, quatre feux de champ s’étaient déclaré dans Argenteuil, à Brownsburg-Chatham, Lachute (2 fois) et à Grenville-sur-la-Rouge.
Les pompiers n’ont pas chômé, le mercredi 29 avril. À 17h déjà, quatre feux de champ s’étaient déclaré dans Argenteuil, à Brownsburg-Chatham, Lachute (2 fois) et à Grenville-sur-la-Rouge.

Quatre incendies en une journée dans Argenteuil

André Farhat
EAP
La pandémie a réussi à confiner les gens, mais pas les flammes. Ni la négligence, qui pourrait être au cœur des quatre incendies à avoir eu lieu dans Argenteuil le mercredi 29 avril.

«On a eu 14 incendies en deux semaines!», a affirmé Michel Robert, directeur du Service incendie de Brownsburg-Chatham devant la carte interactive des interventions installée dans la caserne de Brownsburg-Chatham. «La plupart (des incendies) sont causés par des personnes qui font des feux sans permis», a-t-il déclaré, l’air légèrement découragé.

À Brownsburg-Chatham, une vingtaine de pompiers avaient été dépêchés au 215, chemin La Branche, pour éteindre un vaste feu de champ, qui s’étendait sur une superficie de 300 par 2500 pieds. Plusieurs d'entre eux étaient encore sur place au moment de l’entrevue. Le brasier était pratiquement maitrisé vers 16h15. La cause est indéterminée, mais elle serait probablement attribuable à l’action humaine, selon M. Robert.

À Brownsburg-Chatham, un feu de champ a brulé sur près de 300 par 2500 pieds.
Un pompier revient du champ au chemin La Branche, à Brownsburg-Chatham.
Le brasier a rapidement consumé les herbes sèches, se répandant dans les champs, à Brownsburg-Chatham.

Feu de brousse à Grenville-sur-la-Rouge

«Nos pompiers l’ont combattu pendant sept heures», a affirmé Marc Montpetit, directeur du Service des incendies de Grenville-sur-la-Rouge. L’immense feu, qui s’est étendu sur 4,1 hectares, ou plus de 10 acres, a exigé l’intervention de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) et de ses avions-citernes. Le feu a finalement été complètement éteint le lendemain, 30 avril. 

Cet incendie est également de source humaine. «La cause est un feu à ciel ouvert, a affirmé M. Montpetit, ajoutant que tous les feux à ciel ouvert [même avec pare-étincelles] sont interdits jusqu’à nouvel ordre». M. Montpetit a aussi rappelé aux gens que «tout propriétaire peut être tenu responsable des feux allumés sur son terrain, et des frais qui en découlent». Les pompiers de Grenville-sur-la-Rouge sont d’ailleurs intervenus quatre autres fois pour des feux à ciel ouvert illégaux depuis le 29 avril. 

Les pompiers n’ont pas chômé, le mercredi 29 avril. À 17h déjà, quatre feux de champ s’étaient déclarés dans Argenteuil, à Brownsburg-Chatham, Lachute (2 fois) et à Grenville-sur-la-Rouge, où les avions-citernes de la Société de protection des forêts contre le feu ont du intervenir.

Lachute touchée deux fois

Les pompiers de Brownsburg-Chatham étaient appuyés d'une équipe de quatre pompiers de Lachute. Ces derniers ont dû quitter précipitamment la scène pour se rendre à Lachute, dans le secteur de l’aérogare, où un autre incendie s'était déclaré dans un boisé près du boulevard Bradford. Un contingent de sapeurs de Saint-André-d'Argenteuil est alors venu porter mainforte aux pompiers lachutois.

Les flammes ont attaqué une portion de végétation sèche aux abords d’un sentier. Pour le directeur du Service des incendies de Lachute, Alain St-Jacques, la cause exacte est encore à déterminer, mais encore une fois, il soupçonne l'activité humaine comme étant la cause la plus probante.

«Ce n’est pas la terre qui est le problème, explique-t-il. Elle est humide. C’est la végétation qui est très sèche et très dangereuse. Il peut pleuvoir, mais dès qu’il y a du soleil, elle sèche tout de suite.»

Plus tôt dans la journée, les pompiers de Lachute avaient déjà eu à combattre un incendie dans la montagne, près du chemin Laurin, où encore là la négligence humaine aurait pu être un facteur déterminant. «Et il y a un gros incendie à Grenville-sur-la-Rouge, a déclaré M. St-Jacques. La SOPFEU a même envoyé des avions».

Dans un boisé près de l'aérogare, les pompiers lachutoirs ont maitrisé un feu d'origine très probablement humaine.
Les pompiers de Saint-André-d'Argenteuil sont venus en renfort à leurs collègues de Lachute.
Les herbes sont très sèches en ce moment, et sont extrêmement inflammables.

Des interdictions à la grandeur du Québec

La majorité des municipalités ont annoncé sur leurs différentes plateformes qu'il est interdit d'allumer des feux à ciel ouvert. «On l’a affiché sur notre site, notre page Facebook. Il y a une interdiction de feux à ciel ouvert, conformément aux consignes de la SOPFEU», a précisé Michel Robert.

La Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) émet, entre autres, les avis, alertes et interdictions de feu dans les divers territoires du Québec. Selon la SOPFEU, «l’interdiction de faire des feux à ciel ouvert vise à préserver la capacité opérationnelle de la SOPFEU et celle des services de sécurité incendie municipaux durant la pandémie, et ce, en limitant les risques de propagation du virus lorsque les pompiers répondent à des alertes.»

Pour l’instant, cette interdiction touche l’ensemble des régions du Québec.

Des règles municipales à connaitre

Chaque municipalité applique ses propres règles à l’intérieur de ce cadre. Par exemple, dans la majorité des municipalités, le permis de brulage résidentiel (p. ex. de feuilles) est sans frais. Il est toutefois obligatoire que ces feux soient faits dans des foyers munis de pare-étincelles.

 Il est donc important de consulter les plateformes de communication de sa municipalité ou de communiquer avec l'hôtel de ville pour connaitre les règlements à suivre, et les précautions à prendre.

Les consignes émises par la SOPFEU sont simples et en vigueur dans les municipalités d'Argenteuil.
La carte géographique où s'appliquent les diverses directives émises par la SOPFEU.