Le gouvernement Legault veut rouvrir les écoles et les garderies

André Farhat
EAP
Avec l’annonce de la réouverture des écoles primaires et services de garde le 11 mai, on dirait que la cloche du déconfinement a réellement sonné. Cette décision marque une étape importante de la crise, et fait lever bien des mains.

«Je vous annonce que si, et seulement si, la situation reste comme actuellement», a déclaré le premier ministre François Legault lors de son point de presse quotidien du lundi 27 avril, « on va rouvrir les écoles primaires et les services de garderie.»

Cette réouverture se fera progressivement dès le 11 mai à l’extérieur du grand Montréal, où cela débutera le 19 mai. M. Legault a voulu rassurer les parents hésitants, en réitérant que le retour des enfants ne sera pas obligatoire. «Les parents qui préfèrent garder leur enfant à la maison ne seront pas pénalisés d’aucune façon», a-t-il précisé.

Des mots à retenir

Le premier ministre a insisté sur le fait que cette mesure n’était pas écrite à l’encre indélébile, et que le gouvernement réajustera le tir en fonction de l’évolution de la situation. «Le mot important, c’est graduel et c’est prudence, prudence, prudence».

Les enfants, eux, auront aussi de nouvelles règles très inhabituelles à apprendre. «On va demander, autant que c’est possible de le demander à des enfants, de se tenir à deux mètres les uns des autres.» Dans les garderies, la Santé publique demandera aux éducatrices de porter un masque.

De plus, le nombre de groupes sera réduit à 50% des classes au primaire, et à 30% dans les services de garde.


La petite enfance et la petite école reprendront un cours semi-normal, dans des groupes réduits et avec des règles de distanciation qu’il restera à démontrer.

Pourquoi maintenant

Le premier ministre a donné cinq raisons pour permettre cette réouverture des écoles primaires et garderies. Il a d’abord mentionné «le bien des enfants», insistant sur les besoins des élèves – surtout ceux ayant des difficultés d’apprentissage.

Deuxièmement : le risque est limité. En effet, les enfants et les personnes de moins de 60 ans sont beaucoup moins vulnérables devant le coronavirus. Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a précisé que  si vous êtes enceinte, si vous avez un déficit immunitaire ou vous êtes âgé de plus de 60 ans, on vous suggère de ne pas réintégrer votre enfant.»

Il va de soi que cette précaution s’applique également aux enfants qui sont plus susceptibles de développer des complications à la COVID-19.

Toutefois, si cette règle vaut pour les garderies, la situation est moins souple pour les écoles primaires. Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation, a rappelé aux parents que la fréquentation scolaire est obligatoire, sauf pour les enfants atteints de COVID-19, qui devront observer une quarantaine de 14 jours.

Troisièmement, selon le gouvernement, « la situation est sous contrôle dans les hôpitaux. » Le premier ministre a affirmé que le système a la capacité d’accepter les enfants ou enseignants qui deviendraient malades.

Legault a le go


C'est lui-même qui le dit: «On a le go de la Santé publique.» C’est le quatrième argument que M. Legault a avancé. «Ce n’est pas une décision qui est sur la gueule, a-t-il dit, on écoute la science.»

Enfin, le premier ministre a dit que «la vie doit continuer. Les enfants, je pense que c’est bon qu’ils revoient leurs amis, leurs enseignants.» Il admet qu’aucun vaccin n’est à l’horizon avant 12 à 18 mois, et qu’il imagine mal les enfants rester encore confinés durant cette période.
Les autres niveaux attendront

Les étudiants des écoles secondaires, cégeps et universités auront l’été de congé, car les activités n’y reprendront qu’en aout. Pourquoi? François Legault a offert cette réponse: «C’est important qu’il y ait une réouverture graduelle.» Il a précisé qu’une des raisons était que ces étudiants utilisent davantage le transport en commun. «Ça pose une difficulté additionnelle pour garder la distance de deux mètres». Il a ajouté qu’il était aussi plus facile pour eux de suivre des cours à distance.

Leur absence des salles de classe pourrait par contre se convertir en disponibilité pour les entreprises qui font déjà face à une grave pénurie de main-d’œuvre. 

Mais ça, c'est un autre sujet.