La MRC d’Argenteuil se rapproche de plus en plus de son objectif : doter la région au complet d’un réseau Internet à haute vitesse. L’organisme à but non lucratif Fibre Argenteuil, qui offrira des services de télécommunications sur ce réseau, a emménagé cette semaine dans ses bureaux de la rue Principale, à Lachute.
La MRC d’Argenteuil se rapproche de plus en plus de son objectif : doter la région au complet d’un réseau Internet à haute vitesse. L’organisme à but non lucratif Fibre Argenteuil, qui offrira des services de télécommunications sur ce réseau, a emménagé cette semaine dans ses bureaux de la rue Principale, à Lachute.

Internet haute vitesse : entraves et avancées

André Farhat
EAP
La MRC d’Argenteuil poursuit sa croisade pour offrir à l’ensemble de ses résidents un accès haute vitesse. Ce printemps, de bonnes nouvelles viendront peut-être atténuer certaines des frustrations récurrentes qui ralentissent son déploiement.


« On sent que le vent tourne – enfin », a indiqué Marc Carrière, directeur général de la MRC d’Argenteuil. La MRC vient d’avoir une autre lueur d’espoir : le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a mis sur pied une table de coordination du déploiement d’Internet haute vitesse. Cette table sera comprise du ministère de l’Économie et de l’Innovation, responsable entre autres du programme Régions branchées qui, comme son nom l’indique, vise à accélérer l’accès à l’Internet aux régions.

Y siègeront également de grands joueurs des télécommunications (les telco) comme Bell, Telus et Télébec. L’autre partenaire de taille est Hydro-Québec, qui possède des infrastructures d’envergure étalées sur l’ensemble du territoire québécois, et auquel se rattachent des telco.

Vers une couverture totale d’Argenteuil

Autre bonne nouvelle : la MRC recevra de l’aide supplémentaire pour augmenter la couverture de son réseau. Cet apport de fonds permettra de rejoindre 1500 foyers de plus, principalement dans le sud et l’est de la MRC. L’exploitation du réseau se fera en conjonction avec Fibre Argenteuil, un organisme à but non lucratif (OBNL) créé à cette fin.

Le 1er juin, la MRC déposera une nouvelle demande, cette fois-ci au Fonds pour la large bande du CRTC. Si la demande est acceptée, cela signifie que l’ensemble de la MRC pourra profiter de la haute vitesse. Marc Carrière dit avoir confiance.

 « On a bon espoir de l’avoir. Si on l’a, on va avoir une couverture 100% de HV à fibre optique. Nous [la MRC] ne serons satisfaits que le jour où l’ensemble du territoire sera desservi.»

Fibre Argenteuil offrira d’ici peu des services de télécommunications complets, incluant Internet haute vitesse et la câblodistribution. L’OBNL et la MRC d’Argenteuil avaient d’ailleurs effectué plus tôt cette année une tournée d’information dans Argenteuil.

Des mauvais joueurs

Selon la MRC, la principale entrave au travail colossal que représente le déploiement d’un réseau de fibre optique sur l’immense territoire de la MRC n’est pas géographique. Il vient des telco elles-mêmes, principalement Bell. Et la MRC ne s’en cache pas.

Dans un mémoire qu’elle a présenté dans le cadre de ses audiences publiques du CRTC, l’administration régionale cite sans équivoque le manque de collaboration des telco. « Les grandes entreprises privées ont tourné tour à tour le dos aux communautés rurales et ont refusé les multiples demandes légitimes et les appels répétés des municipalités locales et des municipalités régionales », peut-on lire dans le mémoire. Or, de ces grandes entreprises privées, Bell est nommé bien plus fréquemment que les autres.

Déraisonnable et abusif

Les griefs de la MRC (d’ailleurs partagées par d’autres administrations) sont très nombreux et méritent un article à part entière. Toutefois, ils incluent des requêtes administratives jugées abusives par la MRC et d’autres, des délais et frais outranciers en comparaison avec Hydro-Québec pour des opérations semblables, par exemple la pose de câbles sur des poteaux. Chaque opération doit faire l’objet d’une demande unique qui est traitée à la pièce. Ou comme l’illustre M. Carrière, « 3000 poteaux, c’est 3000 demandes! »

Selon la MRC, « Les travaux préparatoires effectués par Hydro-Québec requièrent rois (3) mois, délai généralement respecté par la Société d’État. Quant à Bell, elle requiert de six à neuf (9) mois de délai pour effectuer les travaux, ce qui est totalement déraisonnable et abusif. »

M. Carrière a donc accueilli avec une grande satisfaction la création de la table de coordination. Le directeur général de la MRC rappelle que « l’Internet est besoin essentiel, et même un droit reconnu par les Nations unies ».

L’odyssée amorcée il y a plus de 10 ans pour doter Argenteuil d’un réseau intégral pourrait bien se conclure d’ici deux ans.