La Galerie Route des Arts, située au 76, rue Clyde à Lachute, compte devenir un incontournable de la culture argenteuilloise.
La Galerie Route des Arts, située au 76, rue Clyde à Lachute, compte devenir un incontournable de la culture argenteuilloise.

Galerie Route des Arts : culture et formation au programme

André Farhat
EAP
Pour sa première programmation semi-annuelle, le nouveau centre artistique et culturel de la Galerie Route des Arts se décline en deux volets: expositions et ateliers. Par ailleurs, la galerie éphémère deviendra-t-elle permanente?

«Comme vous pouvez l’imaginer, c’est formidable de travailler vers un but comme celui que nous vivons ici à Lachute pour bâtir un projet régional!», s’est exprimée Lise-Anne Bernatchez, chargée de projet à la Galerie Route des Arts, lors d’un cinq à sept pour le dévoilement de la programmation annuelle 2020.

Depuis la fermeture de la Maison de la culture, la Galerie, ouverte de manière éphémère à l’été 2019, s’impose comme seul centre culturel et artistique à part entière d’Argenteuil, avec peut-être le Café Canopée de la Branche culturelle à Brownsburg-Chatham. 

La Galerie, sise sur la petite rue Clyde, dans le centre-ville de Lachute, en quête de stabilité et de pérennité, a donc joué d’audace et d’imagination pour devenir incontournable. «Rendre la Galerie permanente demande des acrobaties de toutes sortes. Il faut être inventif avec les services offerts pour la rendre attractive et intéressante», a expliqué Mme Bernatchez, lors du dévoilement de sa programmation pour l’année 2020, en conférence de presse, et d’un cinq à sept sur le sujet, le 13 février dernier.

Lise-Anne Bernatchez, chargée de projet et femme à tout faire de la Galerie Route des Arts, a dévoilé la première programmation du centre culturel et a livré un plaidoyer pour la pérennité de l’établissement.

Expositions

L’année 2020 a commencé de belle façon, le 16 janvier, avec la grande exposition Variations Nelligan & Portraits numériques, consacrée au travail de Jacques Charbonneau, pionnier du Copie (art) au Québec.

Dès le 28 février, les murs de la Galerie arboreront les œuvres de 12 artistes aux techniques mixtes, dont Josée Francoeur et Martine Désilets, dans une exposition collective sous le thème des paysages.

Le mois d’avril (qui s’ouvre par un poisson) sera celui du Bestiaire, mettant cette fois à l’honneur un collectif d’œuvres des finissants de la polyvalente Lavigne. Encore une fois ici, les techniques mixtes seront utilisées.

Suivront les expositions Lieux intimes ou? dont les détails restent à préciser, puis Flore laurentienne, regroupant le travail de Martine Cyr, Catherine Lachance et d’un sculpteur à déterminer.

Juillet sera réservé au traditionnel circuit des artistes de la Route des Arts, et aout marquera la fin de la première programmation avec l’exposition L’œuvre en noir, qui regroupera Marie-Josée Lebel, Dialogues laurentiens (de l’Atelier de l’Île) et un collectif en gravure.

Pour Lise-Anne Bernatchez, le fait d’accueillir des gens de l’extérieur du cercle de la Route des Arts «est un ajout qui donne beaucoup de visibilité parce que ces artistes amènent d’autres publics avec eux». D’aucuns diront que c’est ce qui manque le plus cruellement à la culture argenteuilloise.

L’artiste Jacques Charbonneau a décortiqué son travail et sa technique pour un groupe d’amateurs et d’artistes.

Formation

La Galerie Route des Arts prend son rôle très sérieusement. Très consciente du manque d’offre artistique et culturelle dans la région, elle accueille, à l’instar de plusieurs centres culturels de prestige, comme le Musée d’art contemporain de Montréal, divers ateliers pour les fervents d’arts de tous âges. Mme Bernatchez, qui se spécialise également en formation artistique avec son studio GingkoLab, est formelle. «Ajouter des ateliers créatifs nous semble aussi une voie à suivre pour stimuler la création, a-t-elle expliqué. Se rassembler autour d’un artiste pendant un moment pour s’initier à l’art ou encore se perfectionner rend la Galerie plus vivante.»

L’offre formative de la Galerie se veut donc généreuse et variée. Elle comprend des ateliers sur le dessin, la peinture sans pinceaux, le furoshiki, un art japonais d’emballage écologique grâce à de la peinture sur tissu, le modèle vivant, la fabrication de masques en argile, l’écriture créative ou encore la sculpture sur bois récupéré, pour ne nommer que ceux-là.

La peintre Carole Louise Chabot a fait une démonstration de peinture paysagère en direct lors du 5 à 7.  

Location

La Galerie, qui a investi pour embellir l’ancienne quincaillerie Gommier, se veut un endroit polyvalent, divisé en quatre espaces distincts. À ce titre, ses administrateurs ont pris l’initiative de les offrir en location à prix abordable, pour toutes sortes d’évènements. Qu’il s’agisse de lancements de livre, de conférences de presse, de cinq à sept pour réseautage ou de célébrations, la Galerie souhaite que le lieu fasse partie des meubles, pour ainsi dire.

La conservation et l’épanouissement de la culture sont un combat de tous les instants pour la quasi-totalité des organismes et établissements culturels au Québec, et encore plus en région. «Il faut la rendre incontournable. Pour que les gens en parlent et se l’approprient. Pour qu’elle soit considérée comme un lieu à visiter absolument si on est résident, qu’on y passe ou qu’on visite Lachute.»

À l’heure où Argenteuil émerge comme une force économique crédible, avec la venue de la fibre optique dans près de l’ensemble de son territoire et la création d’espaces récréotouristiques comme celui de Sport-Nature La Providence, la présence d’un lieu culturel permanent et polyvalent semble incontournable.
Pour plus d'information: www.routedesarts.ca

Thierry Fortuit et Sylvie Royer (absente de la photo) ont pourvu l'ambiance acoustique du 5 à 7, avec des classiques de la chanson française, allant de Leclerc à Brel en passant par Moustaki.