Les candidats locaux débattent de la nécessité de l'élection

Christopher Smith
Christopher Smith
EAP
Le débat des candidats locaux a été enregistré et diffusé sur RogersTV, ainsi que téléchargé sur leur chaîne YouTube.

Le 8 septembre, les candidats locaux de Glengarry-Prescott-Russell sont montés sur scène pour débattre des questions soulevées au cours des dernières semaines de campagne électorale.

La troisième question de la séance a été posée au candidat libéral Francis Drouin, qui s'est vu demander pourquoi il était nécessaire de tenir des élections à ce moment-ci alors que les libéraux auraient pu continuer à former un gouvernement minoritaire et mettre en œuvre tout ce sur quoi ils font campagne en collaborant avec les partis de l'opposition.

M. Drouin a d'abord fait remarquer que cinq élections provinciales et une élection partielle fédérale se sont déroulées en toute sécurité pendant la pandémie. Il a ajouté que, bien que les partis d'opposition aient déclaré qu'ils collaboreraient avec les libéraux pour adopter des lois, ils faisaient plutôt tout leur possible pour ralentir la Chambre. Il a affirmé que le NPD, les conservateurs et les verts retardaient le projet de loi C12 sur les mesures fédérales de contrôle du climat, et que les Canadiens méritaient la chance d'exprimer leur vision de l'avenir.

Le candidat néo-démocrate Konstantine Malakos a rétorqué que, lors de la dernière session parlementaire, les libéraux ont déposé plusieurs projets de loi essentiels «à la 11e heure du Parlement, l'un après l'autre, afin de pouvoir ensuite faire campagne sur l'obstruction des autres partis et parler de la nécessité d'être réélu pour faire adopter ces mesures». M. Malakos a demandé pourquoi les libéraux n'ont pas présenté ces textes de loi à un moment donné au cours des six dernières années, au lieu d'attendre si longtemps.

La candidate conservatrice Susan McArthur a abondé dans le même sens. Si les libéraux avaient tant de mal à travailler avec les autres partis, comment ont-ils pu faire approuver des dépenses de 354 milliards de dollars pour soutenir les Canadiens pendant la pandémie de COVID-19 ?

M. Drouin a déclaré que l'énoncé économique de l'automne a été adopté après la présentation du budget à la Chambre, bien qu'il ait été présenté à l'automne. Il a affirmé que cela était dû au fait que le parti de Mme McArthur s'est traîné les pieds et a présenté des motions dilatoires à dessein.

Selon M. Malakos, si les libéraux ont réussi à faire adopter autant de lois et le plus important transfert d'argent du gouvernement aux particuliers de l'histoire du Canada, c'est parce que le NPD a travaillé avec eux et a également fait pression pour obtenir des montants encore plus élevés, notamment 2 000 $ par mois pour les Canadiens et une subvention salariale de 75 %. M. Malakos a déclaré que le problème est que les libéraux n'aiment pas avoir à travailler avec d'autres partis.

M. Drouin n'est pas d'accord et a affirmeé que le NPD s'attribue le mérite des actions des autres. Il a dit que c'est Dan Kelly, le président de la Fédération canadienne des entreprises, qui a demandé la subvention salariale de 75 %, et que le NPD a accepté cette demande «parce qu'elle était logique». Il a ajouté que ces mesures ont bien fonctionné pendant les huit premiers mois, mais qu'il était temps de changer.

M. Malakos a fait valoir que le NPD a fait pression pour obtenir une subvention salariale encore plus élevée et que l'on s'est entendu sur 75 %. Il a ajouté que les libéraux ont tenté de supprimer la subvention et la prestation de 2 000 $ par mois alors que les gens en dépendaient encore, de sorte que le NPD a été obligé de se battre pour une prolongation, contrairement aux souhaits des libéraux. M. Malakos a fait remarquer que les gouvernements minoritaires existent parce que les Canadiens veulent un mélange de voix à la Chambre qui négocient les unes avec les autres.

M. Drouin a ensuite déclaré que le gouvernement minoritaire a peut-être fonctionné au début, mais qu'il ne fonctionne plus. M. Malakos n'était pas d'accord, affirmant que le gouvernement minoritaire fonctionnait encore au moment où les élections ont été déclenchées.

Mme McArthur a ensuite réorienté le débat vers le programme libéral. Elle a cité le journaliste Paul Wells, qualifiant la plateforme de «plan directeur pour l'incohérence et un gouvernement minable». Elle a critiqué le fait que les libéraux veulent ajouter 78 milliards de dollars de dépenses en plus des 100 milliards du dernier budget, et que cela ne justifie pas une élection maintenant.

Le débat s'est orienté vers l'évaluation des coûts des programmes électoraux. M. Drouin a déclaré que bien que la plateforme libérale ait été publiée après celle des conservateurs, ces derniers ont fourni les chiffres du coût de leur plateforme. Il a ajouté que le coût de la plateforme des conservateurs est encore inconnu. Il a fait remarquer que les économistes ne voient pas où se trouve la croissance de trois pour cent sur 10 ans que les conservateurs prévoient. Mme McArthur a déclaré que les libéraux ne pouvaient pas concevoir une telle croissance et que la croissance a plafonné sous le gouvernement libéral. M. Drouin a soutenu qu'il n'est pas nécessaire de créer plus d'emplois, mais plutôt d'augmenter le nombre de travailleurs pour occuper les emplois existants.

M. Malakos a déclaré que juger l'économie du point de vue des investisseurs n'a pas de sens pour la plupart des gens de Glengarry-Prescott-Russell, qui ne savent pas d'où viendra leur prochain repas.

Dans sa déclaration finale, M. Drouin a mis l'accent sur l'absence d'un programme chiffré de la part des conservateurs, affirmant qu'une croissance de trois pour cent sur 10 ans n'a aucun sens sans des coupures importantes.