Bill Papagianotis, est le propriétaire de deuxième génération de l’entreprise familiale, le restaurant l’Escale, de Hawkesbury.
Bill Papagianotis, est le propriétaire de deuxième génération de l’entreprise familiale, le restaurant l’Escale, de Hawkesbury.

Restaurants et commerces non-essentiels affectés

Patrick Hacikyan
EAP
Afin de faire face à une 3e vague virulente et pour une durée de quatre semaines, les restaurants de l’Ontario ainsi que tous les commerces jugés non-essentiels sont encore contraints de fermer.

Plus de 4400 cas ont été détectés par jour et non-moins de 600 personnes se retrouvent aux soins intensifs depuis le début de la semaine. Par conséquent, le gouvernement de l’Ontario, qui a décidé de déclarer l’état d’urgence et d’interdire tout déplacement non-essentiel, s’est vu aussi contraint de fermer même les établissements scolaires hier.  

Les commerces non-essentiels doivent fermer leurs portes, mais les clients peuvent commander des articles à ces commerces en les appelant et en utilisant le web, pour aller les récupérer à la porte.  Il en va de même pour la nourriture à emporter chez les restaurateurs. 

 «Nous suivons les consignes du gouvernement Ontarien mais cette fois-ci, c’est très difficile de composer avec», se désole Bill Papanagiotis, propriétaire du restaurant L’Escale, situé sur la rue Main au centre-ville de Hawkesbury. Le restaurant fait partie du paysage de Hawkesbury depuis une quarantaine d’années. Le propriétaire de l’établissement relate que bien que des subventions gouvernementales sont faites sous forme de prêt pour dédommager les commerces forcés à fermer leurs portes et cet aide est loin de remettre sur les rails les opérations de la petite entreprise locale. «Nous offrons des plats pour emporter maintenant, pour nous permettre d’avoir un minimum de revenu. Les revenus de plats pour emporter ne représentent que 10 à 15% de notre chiffre d’affaires habituel. Les gens sont aussi plus craintifs et évitent de sortir maintenant», note M. Papanagiotis. 

Au Stephanie’s Grill et Bar, un constat similaire est fait par le propriétaire. Les établissements de restauration sont dans un contexte qui est difficilement vivable. «Nous fonctionnons avec des revenus extrêmement limités. Ceci est difficile pour les restaurateurs en tant que tel, mais l’est également pour nos employés. Nous avons plusieurs employés qui travaillaient ici depuis longtemps, dont certains depuis plus d’une décennie. Les employés ne peuvent pas se permettre d’avoir des revenus qui arrêtent de manière soudaine et ils sont souvent obligés de quitter à cause du contexte», 

 relate André Politakis, propriétaire de l’établissement. La situation dans les entreprises d’hôtellerie et de restauration force plusieurs à repenser leur carrière. Je les comprends et ne peut les blâmer. Le gouvernement paye pour leur offrir une formation leur permettant un changement de carrière. Ils prennent donc avantage de la situation pour réorienter leur parcours, mais ceci fait que l’on aura des difficultés extrêmes à trouver de la main d’oeuvre pour opérer.» 

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) est elle aussi extrêmement déçue de la décision du gouvernement de l’Ontario de fermer les PME. L’organisme déplore les règles forfaitaires appliqués uniformément par les autorités politiques et sanitaires. «Même s’il corrige l’iniquité qui existait lors des deux précédents confinements entre les grandes et les petites entreprises, la FCEI souhaite rappeler que le confinement généralisé n’est pas l’unique moyen de lutter contre la COVID-19. Recourir davantage aux tests de dépistage rapide et déployer de manière ciblée les vaccins sont des avenues que le gouvernement de l’Ontario doit privilégier», a déclaré Jasmin Guénette, vice-président des affaires nationales à la FCEI. 

Devant la situation, Mike Young, résident de la région, a décidé de lancer le Groupe de support aux restaurateurs locaux, appelé en Anglais: Local restaurant Support (Hawkesbury). Il s’agit d’un groupe de discussion situé sur le réseau social Facebook. «J’ai déjà travaillé en restauration dans le passé et j’ai bien vu ce qui se passe maintenant. J’ai donc décidé de lancer ce groupe pour permettre au public qui veut aider les restaurants locaux, de se coordonner pour aller acheter un repas à un restaurant donné au courant d’une journée spécifique, prévue d’avance», explique M. Young. L’exercice est fait pour que les membres du public puissent ensemble avoir un impact financier plus grand et ainsi donner un coup de pouce aux restaurants de la région. 

Les restaurants ne sont pas les seuls à avoir été contraints à réduire leurs opérations à un minimum. Tous les commerces jugés non-essentiels doivent réduire leurs effectifs. Cette fois-ci, le gouvernement Ford a pris des mesures afin d’empêcher les magasins à grande enseigne et à grande surface de vendre des articles non-essentiels. La mesure force les grandes enseignes à empêcher l’accès au public à ses produits non-essentiels. Tous les produits non-essentiels se retrouvent donc maintenant en arrière de rubans jaunes ou rouges y empêchant l’accès. On explique cette mesure par souci d’équité : si le public n’a pas accès aux produits non-essentiels dans les petits commerces étant obligés de fermer, ils n’ont donc pas non plus accès à ces mêmes articles dans un magasin à grande surface qui lui, a le droit de recevoir du public.  

Avec une capacité maximale de 25%, les jardinerie, pépinières et serres, les magasins de vente d’alcool, magasins de ventes de véhicules motorisés et les détaillants de produits alimentaires peuvent demeurer ouvertes. Les pharmacies peuvent être occupés 50%.