La députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard.
La députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard.

La politique provinciale selon Amanda Simard

Gérard Malo
EAP
Après les premières années d'un premier mandat parsemé d'embuches, la députée libérale provinciale de Glengarry-Prescott-Russell se prépare à son prochain grand défi, celui des élections prévues pour juin 2022. Quoique puissent en dire les critiques, Amanda Simard se dit fière du travail qu'elle a pu accomplir jusqu'à maintenant.

Débuts difficiles pour la représentante de Glengarry-Prescott-Russell à Queen's Park, il va sans dire. D'abord élue députée sous la bannière du Parti progressiste-conservateur de Doug Ford en 2018, Amanda Simard a quitté le caucus conservateur le 29 novembre 2018 pour protester contre les décisions qui ont provoqué une crise linguistique en Ontario. On se souviendra que le Premier ministre conservateur venait d'abolir la fonction de commissaire aux services en français, ainsi que la création de l'Université de l'Ontario Français. Elle siégea comme indépendante jusqu'au 16 janvier 2020 lorsqu'elle a rejoint les rangs du Parti libéral de l'Ontario. 

Et sur le terrain ici dans le comté, plusieurs élus locaux lui ont alors reproché d'être invisible, notamment durant les inondations de 2019. S'il y a quelque chose que regrette Amanda Simard, c'est d'avoir refusé de participer à des photos opps pour éviter d'être perçue comme une député-vedette qui profite des malheurs des victimes des inondations. «Moi je ne suis pas une personne qui aime me vendre. Je regrette de ne pas avoir communiqué ça de façon visuelle. Je ne me suis pas vendue comme j'aurais du. Mais j'étais là! Pas de photo opps mais j'étais là!». 

Le moins que l'on puisse dire c'est que sa désignation de députée et candidate libérale par son nouveau chef Steven Del Duca, était loin de faire l'unanimité au sein de l'association libérale de Glengarry-Prescott-Russell. La constitution du parti reconnait au chef libéral le pouvoir d'imposer un ou une candidate sans passer par le processus habituel d'une assemblée d'investiture. Amanda Simard affirme que la grogne des militants libéraux de GPR tient du fait qu'ils s'étaient déjà fait imposer la candidature d'un conservateur comme Pierre Leroux à l'élection de 2018. «Ce même Pierre Leroux qui venait de perdre son investiture conservatrice contre moi. Les libéraux n'étaient pas contents. Ce n'est pas parce que c'était moi mais, parce que c'était la deuxième fois qu'on leur imposait un candidat. Mais comme on dit, le temps peu bien faire les choses, alors on a travaillé très fort pour reconstruire l'association libérale et je suis maintenant fière de dire qu'on a une belle équipe». 

Prochain défi pour Amanda Simard, la prochaine campagne en vue des élections générales prévues pour le 2 juin 2022. Elle sait qu'elle devra entre autre affronter un candidat progressiste-conservateur en la personne du réputé Stéphane Sarrazin, maire du canton d'Alfred-Plantagenet. D'ailleurs ce dernier n'a pas perdu de temps avant de critiquer celle qui tentera de se faire réélire pour un second mandat. Dans une récente entrevue Stéphane Sarrazin déclarait : «Il faut bien que quelqu'un aille à Toronto pour tirer la couverte pour notre monde. Puis on l'a bien vu durant les 3 dernières années, ça n'a pas été un succès avec une députée de l'Opposition. Y a pas grand chose qui a été réalisé. Il y en a eu des députés de l'Opposition qui ont bien fait dans le passé, comme le libéral Jean-Marc Lalonde, mais ce n'est pas le cas avec la députée qui est là maintenant». 

La réaction d'Amanda Simard est sans équivoque: «C'est complètement faux. Monsieur Sarrazin vit sous une roche! Parce qu'on vient juste d'annoncer 2,8 millions pour une école à Limoges, plus de 4,5 millions dans Hawkesbury-est pour le gaz naturel et y a de l'argent qui coule à flot dans le comté et ça c'est le résultat d'un travail dans les coulisses. C'est argent-là ne tombe pas du ciel. Moi j'ai travaillé avec tous les partis. C'est quelque chose que monsieur Sarrazin ne comprend pas. Et c'est normal parce qu'il n'a jamais fait de politique provinciale ni fédérale». La députée libérale en rajoute: «Moi je suis en contact avec tous les ministres, j'ai une bonne relation avec eux et elles et avec tous les partis. On travaille ensemble pour faire avancer les dossiers. Mais ce n'est pas un travail qui n'est pas nécessairement visible dans le public. Et moi on m'a bien averti que monsieur Sarrazin allait faire une campagne de salissage. Je suis prête pour ça, mais moi je me garde toujours les mains propres et c'est ce que je continue de faire».