Le conseil de ville de Hawkesbury (g. à d.): Yves Paquette, André Chamaillard, Antonios Tsourounakis, Paula Assaly, Lawrence Bogue, Robert Lefebvre et Raymond Campbell.
Le conseil de ville de Hawkesbury (g. à d.): Yves Paquette, André Chamaillard, Antonios Tsourounakis, Paula Assaly, Lawrence Bogue, Robert Lefebvre et Raymond Campbell.

Turbulences chez les conseillers municipaux

Patrick Hacikyan
EAP
Selon plusieurs élus municipaux, la situation entourant la récente mise en lumière de certains agissements de la mairesse Paula Assaly est un obstacle à surmonter, pour l’image de la Ville de Hawkesbury.  

John Saywell est le commissaire à l’intégrité qui a déposé le rapport, lundi le 8 mars dernier au conseil de la Ville de Hawkesbury, qui a conclu à des manquements de la part de la mairesse Assaly dans ses interactions avec plusieurs employés de la ville.  Selon son rapport, la mairesse aurait outrepassé son autorité et interféré dans des opérations administratives.  

L’avocat de formation soutient qu’il est encore temps pour Mme Assaly de corriger la situation. «Il n’y a rien dans mes conclusions qui sont une réprimande personnelle à la mairesse Assaly. En aucun temps n’avons-nous trouvé des intentions de nuire de la part de Mme Assaly», a précisé M. Saywell, ancien maire de Grenville-sur-la-Rouge. 

C’est d’ailleurs son expérience en politique municipale qui l’a amené vers ses fonctions de commissaire à l’intégrité de Hawkesbury, fonctions qui ont pris fin en décembre 2020. «J’en ai fait aussi, des gaffes, au courant de ma carrière. Parfois ça prend une tierce partie pour venir allumer les lumières. C’est comme cela que j’ai fini par apprendre», de rétorquer M. Saywell. 

«J’ai essayé de faire de sorte qu’on évite cette situation dans le passé, explique pour sa part Yves Paquette, conseiller municipal. J’ai dû faire référence au code de déontologie et j’ai spécifié qu’il ne faut pas y contrevenir. On a été confronté à une réticence politique qui a empêché de remédier à la situation.» M. Paquette soutient que les événements de la semaine passée ne l’affectent pas en tant que tel, mais nuit à l’image de la politique municipale, ce qui le désole. Il souhaite que toutes les personnes concernées travaillent ensemble pour restaurer la bonne entente. «Il y a beaucoup de pain sur la planche pour remettre debout l’image de la politique municipale. Je souhaite avant tout que tout aille pour le mieux, et que les pièces du puzzle retombent à la bonne place et qu’on réussisse ensemble à amener la politique municipale à bon port.»  

André Chamaillard, membre du conseil municipal de Hawkesbury n’a pas voulu pointer personne du doigt. Il s’est également rappelé que tous les politiciens font des erreurs dans leurs parcours. «La suite des choses va dépendre des agissements de la mairesse. «Si Mme Assaly discute avec son conseil de ville, ça va favoriser une bonne résolution. Je suis conseiller indépendant, donc je n’ai pas de parti-pris. En 12 ans de conseil municipal il m’est aussi arrivé de faire des erreurs. C’est souvent dû à un manque de communication ou d’expérience. Les erreurs, des fois ça passe, d’autres fois non.  C’est le public qui nous dira l’avenir, comment ça a été reçu», soutient M. Chamaillard. 

Les événements de la semaine passée ont causé beaucoup de remous dans le monde de la politique municipale de Hawkesbury. Le conseiller Lawrence Bogue est déçu de l’ampleur qu’a tendance à prendre la situation. Malgré cela, il a préféré ne pas commenter, déclarant que les événements étaient trop récents pour ce faire. Pour Robert Lefebvre également, il est trop tôt (mi-mandat) pour savoir quelles seront les conséquences des récentes turbulences. «Nous avons des termes de quatre ans. À l’intérieur de ce lapse de temps bien des choses peuvent se passer. Bien des actions peuvent être faites. Certaines sont bien reçues et d’autres non; c’est très difficile à prévoir» a commenté M. Lefebvre. 

M. Saywell a soutenu que les conclusions du rapport pourront en fait aider la mairesse et son administration à établir un bon climat de travail. «Mme Assaly pourra bénéficier des sessions de formation prescrites pour elle. Elle aura ensuite la possibilité d’unir la communauté et d’aller de l’avant. Il est possible pour elle de remettre la situation en ordre selon sa volonté» a souligné l’ex-commissaire à l’intégrité de Hawkesbury.  

La personne qui assure les fonctions de maire pendant l’absence de cette dernière est Antonios Tsourounakis. Il aurait aimé que le rapport ait été plus équilibré en intégrant le point de vue de Mme Assaly aussi, ce qui n’est pas le cas. M. Saywell aurait invité la mairesse à se prononcer dans le rapport, mais Mme Assaly n’étant pas disponible à ce moment pour rencontrer le commissaire à l’intégrité à une date ultérieure. La mairesse soutient que ce dernier n’est jamais revenu pour la questionner sur la situation.  

Le conseiller Raymond Campbell a également soutenu que cette affaire n’est pas tout à fait terminée. Selon M. Campbell, la ville s’affaire à remplacer les employés démissionnaires. De nouveaux employés ont déjà été réembauchés à l’ingénierie et aux loisirs, notamment le directeur des loisirs. Une greffière a été engagée et la directrice générale par intérim, Dominique Dussault, a été réengagée. «Je ne peux pas faire de bris de confidentialité, je suis tenu au secret mais, certains développements dans cette affaire restent à venir» a mentionné le conseiller municipal. 

 

«J’encourage les citoyens de Hawkesbury à s’informer sur ce sujet pour avoir les deux points de vue dans cette affaire. Cette histoire s’éclaircira dans les semaines à venir. Il est dommage que le rapport ne contient aucun propos de la mairesse» de soutenir le maire par Intérim, M. Tsourounakis.