Une éclosion du variant Omicron de la COVID-19 exacerbe le problème de la pénurie de personnel soignant à l'Hôpital général de Hawkesbury.
Une éclosion du variant Omicron de la COVID-19 exacerbe le problème de la pénurie de personnel soignant à l'Hôpital général de Hawkesbury.

Une pénurie d'infirmières aggravée par une éclosion de la COVID-19

Gérard Malo
EAP
L'Hôpital général de Hawkesbury a déclaré il y a plus d'une semaine une éclosion de la COVID-19 attribuable à la propagation fulgurante du variant Omicron. S'ajoute à cela une possible fermeture temporaire de l'urgence la nuit. Voilà qui vient exacerber le problème de l'importante pénurie de personnel clinique qui sévit dans cette établissement.

C'est en collaboration avec le Bureau de santé de l'est de l'Ontario que l'hôpital a déclaré cette éclosion dans son unité de médecine-chirurgie. Les patients de cette unité ont été isolés et soumis à un dépistage du virus. D'autres mesures sont mises en place depuis la fin de décembre, notamment une restriction des visites afin de protéger les patients vulnérables et le personnel. Seuls les aidants essentiels et les visiteurs vaccinés pour des circonstances exceptionnelles sont autorisés dans l'hôpital. 

Si la direction de l'Hôpital général de Hawkesbury prenait la décision d'aller de l'avant avec une fermeture la nuit de l'urgence, ce serait une première dans l'histoire de cet établissement. Et c'est une possibilité qui inquiète. Le maire du Canton de Champlain, Normand Riopel par exemple qualifie cette situation d'alarmante. «On a une bonne part de la population qui se sert de cet hôpital. Il y a plusieurs résidents de municipalités des environs qui viennent à Hawkesbury. On a une population vieillissante et c'est important que ces services-là demeurent intacts», a-t-il déclaré à Radio-Canada. Son de cloche semblable du côté des localités québécoises avoisinantes, dont bon nombre de résidents reçoivent des soins à l'Hôpital général de Hawkesbury. 

Par ailleurs, c'est une importante pénurie de personnel clinique comme les infirmières par exemple, qui a incité les dirigeants de l'hôpital il y a déjà plus de 2 mois à réduire temporairement les services péri-opératoires et le centre familial des naissances à 50 pour cent de leur capacité. «Nous avons pris cette décision pour assurer la sécurité des patients et du personnel» a déclaré dans un communiqué le médecin-chef de l'hôpital la docteure Julie Maranda. Elle ajoute que «les équipes de personnel clinique et médical font de leur mieux pour réduire les impacts pour les femmes enceintes et les autres patients en attente de traitement.» 

«Il y a une dizaine de jours 76 personnes sont parties en congé de maladie en une seule journée; 76 personnes sur une équipe de 700 à 800 employés, ça fait peur», a-t-elle confié à Radio-Canada. À noter que Le Carillon a tenté sans succès par courriel et par téléphone de joindre la docteur Maranda, avant d'aller sous presse. 

La pénurie du personnel soignant qui sévit à l'Hôpital général de Hawkesbury n'est pas unique puisque les trois autres hôpitaux de la région couverte par le Bureau de santé de l'est de l'Ontario sont dans la même situation, souligne dans une conversation téléphonique le docteur Paul Roumeliotis, médecin hygiéniste de l'est de l'Ontario. 

« Ce n'est pas unique à Hawkesbury, en terme généraux ça affecte la capacité de livrer les services habituels et ça n'aide pas au niveau de la longue liste d'attentes pour les chirurgies électives, mais c'est quelque chose qu'on doit vivre avec». Quant aux solutions pour faire face à la pénurie de personnel soignant, elles ne sont pas légions. Le docteur Roumeliotis suggère de se référer au plan d'urgence du ministère de la santé de l'Ontario qui réduit la période d'isolement de 10 à 5 jours des employés infectés à la COVID-19 qui sont vaccinées. «Si les travailleurs de la santé qui ont eu des contacts, qui sont vaccinés et qui n'ont pas de symptômes, ils pourront travailler pendant leur période d'isolement avec des tests rapides quotidiens».