Une trentaine d'employeurs et une dizaine d'organismes communautaires ont participé, la semaine dernière, à un forum virtuel de deux jours organisé par le Réseau de soutien à l'immigration francophone de l'est de l'Ontario et ses partenaires.  
Une trentaine d'employeurs et une dizaine d'organismes communautaires ont participé, la semaine dernière, à un forum virtuel de deux jours organisé par le Réseau de soutien à l'immigration francophone de l'est de l'Ontario et ses partenaires.  

Quand l'immigration francophone est la solution pour les entreprises d'ici

Gérard Malo
EAP
Une trentaine d'employeurs et une dizaine d'organismes communautaires ont participé, la semaine dernière, à un forum virtuel de deux jours organisé par le Réseau de soutien à l'immigration francophone de l'est de l'Ontario et ses partenaires.  

C'est désormais bien connu, les entreprises de Prescott-Russell Cornwall et SDG éprouvent une pénurie criante de main d'oeuvre qualifiée. C'est ce qui incite les employeurs à jeter un nouveau regard sur le recrutement de personnel, d'où leur intérêt à participer à ce forum. 

La Coordonnatrice du RSIFEO, Brigitte Duguay Langlais, dit avoir été impressionnée par la qualité de la dizaine de présentations, dont celles de ceux qu'elle qualifie d'employeurs «champions» du recrutement international. «Chapeau à la Fromagerie St-Albert qui avait été complètement détruite par un incendie en 2013. Elle a pu renaitre de ses cendres après la reconstruction de l'usine en 2015, en partie grâce à un immigrant qui a été en mesure d'aider la fromagerie à acquérir l'équipement nécessaire pour reprendre la production de plus belle. Et maintenant, ajoute Brigitte Duguay- Langlais, la Fromagerie St-Albert est un modèle à imiter pour faciliter l'accompagnement et l'intégration de nouveaux employés issues de l'immigration». 

Et que dire d'un autre champion, Louis Brunet, agriculteur bien connu de Ste Anne de Prescott. Il a partagé ses expériences positives d'embauche de main d'oeuvre étrangère, souvent par l'entremise de programmes de stages internationaux. Monsieur Brunet a parlé de l'effet positif sur son entreprise d'une vision externe, principalement sur de nouvelles techniques de production. «C'est ainsi dit-il que grâce à des stagiaires Français qui ont travaillé chez moi, j'ai appris l'existence des CUMA, des coopératives d'utilisation de machinerie agricole, mises en place après la guerre en France, ce qui n'existait pas ici. Aujourd'hui, nous en avons plusieurs au Canada, les cultivateurs de la région en ont fondé une qui fonctionne plutôt bien». 

Pour sa part, Pascal Billard, co-propriétaire de la firme Sol-Air consultants, a animé un atelier pour démystifier les nouveaux arrivants. Pour lui, il y a deux sortes de nouveaux arrivants. «les immigrants dit économiques, c'est à dire qu'ils ont déjà des contacts avec des employeurs d'ici. Puis il y a les réfugiés. Mais tous veulent des emplois et ont à coeur de s'intégrer à leur nouvelle société». Dans la présentation de Pascal Billard, les participants ont appris à découvrir et à mieux comprendre les différences culturelles par des exemples simples et pratiques. «C'est important de comprendre les différences culturelles pour mieux accepter et mieux les aider à s'intégrer à notre société. Par exemple, la notion du temps en Amérique du nord avec les horaires rigoureux, c'est bien relatif chez les Africains, les Arabes ou les Latinos. Pour eux, si on va quelque part, on va arriver si Dieu le veut, pas avant. Les salutations sont longues, elles peuvent durer une bonne dizaine de minutes. 

Donc, conclut Pascal Billard, il faut leur apprendre délicatement comment on fonctionne ici. Et pour que les nouveaux arrivants se sentent bien accueillis, les employeurs doivent apprendre à mieux les connaitre». 

La coordonnatrice du Réseau de soutien à l'immigration francophone tient à exprimer sa gratitude envers les nombreux partenaires qui ont contribué à la tenu de ce forum. Une seule ombre au tableau, cependant. Brigitte Duguay-Langlais aurait préféré qu'il y eu un plus grand nombre d'employeurs participants, mais c'était une première et c'était en mode virtuel, pandémie oblige. Non seulement envisage-t-elle de recommencer à l'automne ou l'an prochain, elle note que les ressources humaines d'employeurs anglophones ou bilingues voudraient bien participer à ce genre d'exercice.