Félix St-Denis et Geneviève Éthier s’impliquent toujours autant dans la communauté avec Pagayons ensemble, une série-web qui présente neuf personnalités provenant des communautés autochtones et francophones de l’Ontario et du Nunavut.
Félix St-Denis et Geneviève Éthier s’impliquent toujours autant dans la communauté avec Pagayons ensemble, une série-web qui présente neuf personnalités provenant des communautés autochtones et francophones de l’Ontario et du Nunavut.

Pagayons ensemble présenté au cours du mois de juin

Gérard Malo
EAP
Les 12 conseils scolaires de langue française de l’Ontario s’unissent pour présenter durant le mois de juin «Pagayons ensemble» afin de souligner, voir célébrer le Mois national de l'histoire autochtone. Cette web-série en trois épisodes comprend du contenu et des activités pédagogiques qui permettent aux adolescents de vivre une expérience culturelle authentique remplie de découvertes, d’échanges et de fierté.

Les initiateurs de ce projet sont le directeur artistique de L'Écho d'un peuple Félix Saint-Denis et sa complice au travail comme dans la vie, la Métisse Franco-ontarienne Geneviève Ethier. Ils sont tous deux animateurs culturel au CSDCEO, le Conseil scolaire de district catholique de l'Est ontarien. «Nous avons travaillé très fort, mais en mode virtuel durant la pandémie pour initier les élèves aux gros rassemblements qui portent sur la francophonie, raconte Félix Saint-Denis. Puis à un moment donné, nous avons soumis cette idée aux huit conseils scolaires catholiques et quatre publiques francophones de faire quelque chose ensemble pour célébrer les liens qui nous unissent aux cultures autochtones en Ontario. C'est comme ça que Pagayons ensemble a vu le jour.» Le Métis Christian Pilon ainsi que William Burton de l'équipe du Réveil franco se sont joint à Félix et Geneviève pour réaliser la web-série.  

Mais quel est l'intérêt pour les franco-ontariens de célébrer les cultures amérindiennes? Félix Saint-Denis répond: «Ça fait 400 ans que notre culture canadienne française est en quelque sorte définie par l'influence des cultures autochtones. Prenez par exemple les coopératives, les corvées organisées dans nos communautés jadis et, encore de nos jours, pour reconstruire des granges. Ce sont là des concepts des cultures autochtones comme le partage par le groupe dont nos ancêtres se sont inspirés. Et le respect pour l'environnement, ça aussi nous vient des autochtones. Ces concepts-là étaient complètement étrangers aux premiers colons venus d'Europe.» 

Lancée la semaine dernière, à l'intention des élèves des programmes de français, d'histoire et d'études sociales de tous les conseils scolaires francophones, Pagayons ensemble comporte trois épisodes de 30 minutes réalisées dans huit régions de la province où l’on rencontre des personnages inspirants, des passeurs de cultures. S'ajoutent à cela des contes et des chants traditionnels à l'intention des jeunes enfants. 

Épisode 1: 

La rencontre de trois personnalités inspirantes partout en Ontario : la Franco-Algonquine Makhena Rankin-Guérin à Orléans, les Ojibwés Julie et Donald Michano au lac Supérieur et le duo Twin Flames qui nous transportent jusqu'au Nunavik. L'Anishinabée Page Chartrand parle de sa relation avec la Terre et de sa marche de l'eau. 

Épisode 2: 

Une rencontre avec la Franco-Ojibwé Zoé McLeod à la Première Nation Nipissing, le Franco-Anishinabé Connor Lafortune de la Première Nation Dokis, ainsi que l'animateur Mohawk TJ Point à la Première Nation Akwesasne. L'Inuk Émilie Stantom-Bursey d'Ottawa parle de sa fierté inuite et de son engagement comme leader du changement.

Épisode 3:

 La rencontre des Métis Alexandre et Janique Labelle de la région de Peterborough, du Métis André Bernier de Smooth Rock Falls jusqu'aux chutes New Post et de la Franco-Abénakise Suzy Kies de Toronto au Niagara. Le Métis Christian Pilon originaire d'Azilda parle de sa relation avec la Terre qu'il transmet aux jeunes par la construction de canots d'écorces traditionnels. 

L'heure du dodo pour les petits 

Une série de quatre contes, de chants traditionnels et de productions artistiques spécialement conçus pour les tout-petits. La lune de l'ours par Mélanie Smit, Au clair de la lune et nissa par Michel Payment, Tambours et chants traditionnels par Janique Labelle et La partie de baggatoué par Daniel Richer. 

Et L'Écho d'un peuple, qu'en reste-il? 

Les représentations de ces fresques historiques à grand déploiement dans les écoles françaises de la région ont pris fin au printemps 2020, dès l'arrivée de la pandémie de la Covid-19. «Nous étions alors en pleine tournée scolaire au déclenchement de la pandémie l'année passée. En 2008 à la fin du grand méga-spectacle en plein air dans une ferme des Contés-Unis de Prescott-Russell, nous étions rendus à 104 000 spectateurs. Si on ajoute les tournées en régions dans les écoles, on a dépassé 350 000 spectateurs. Et mieux encore, 35 000 acteurs bénévoles ont joué dans L'Écho d'un peuple depuis le tout début en 2003. Un record national! Ça va se poursuivre l'an prochain, c'est certain», assure Félix Saint-Denis qui a l'air d'avoir hâte d'en finir avec le mode virtuel. 

 

 

De gauche à droite, L'Anishinaabée Page Chartrand de Sudbury, l'Inuk Émilie Stanton-Bursey d'Ottawa et le Métis Christian Pilon.