Marcel et Kavin Laviolette, de la ferme avicole Laviolette à Saint-Isidore.
Marcel et Kavin Laviolette, de la ferme avicole Laviolette à Saint-Isidore.

Longue vie à l’industrie de l’oeuf, des poules et du dindon

Isabelle Lefebvre
EAP
Les temps changent et les pratiques évoluent, cela est devenu d’autant plus réel dans le contexte actuel de la pandémie et nos producteurs d'œufs et de volaille de l’Est ontarien n’y font pas exception.  

C’est d’ailleurs avec satisfaction que ces derniers viennent tout juste de recevoir les détails forts attendus de deux nouveaux programmes destinés à leur industrie que la ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, leur avait annoncés le 13 avril dernier. 

Il s’agit du Programme d'investissement à la ferme pour la volaille et les œufs (PIFVO) et du Programme de développement des marchés du dindon et du poulet qui visent  à stimuler l'innovation et le développement des marchés pour les 4 800 producteurs canadiens de poulet, de dindon et d'œufs soumis à la gestion de l'offre et contraints à s'adapter aux changements du marché.  

Rappelons tout d’abord que ces programmes résultent principalement de la mise en œuvre de l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP). Cet accord, entré en vigueur en décembre 2018 et englobant 11 pays, régit 14% de l’économie mondiale, qui s’est soldé par la perte d’une partie importante du marché intérieur de nos producteurs canadiens. 

Pour Marcel Laviolette, propriétaire de la ferme avicole Laviolette à Saint-Isidore, le Programme d'investissement à la ferme pour la volaille et les œufs contribuera à atténuer les répercussions de l'Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP). Ce dernier affirme: «Le nouveau programme d’investissement n’est pas une subvention. Il va nous donner la chance de récupérer un certain manque  à gagner qu’on s’est fait enlever. En plus, nos investissements vont profiter à l’économie de toute la région!»  

Marcel Laviolette est un homme de progrès.  Il est fier de son industrie qu’il a vu se transformer de façon considérable au cours des 20 dernières années. Il affirme que les avancées de la science et de la technologie ont contribué à augmenter la productivité des poules en réduisant le nombre d’animaux requis pour produire une même quantité d’oeufs. Il explique que cela a des répercussion positives sur l’environnement en produisant moins de déchets. Il avoue également que le possibilité de gérer ses installations à partir de son cellulaire a grandement amélioré sa qualité de vie. Les agriculteurs peuvent maintenant se permettent des sorties autrefois risquées, voir qui étaient carrément impossible. 

Les producteurs de volaille et d’œufs de l’Est ontarien, qui représentent approximativement 18% de l’industrie en Ontario, sont donc invités à se prévaloir de la part des fonds d’indemnisation à laquelle ils ont droit. Ils peuvent le faire à l’aide du guide de l’utilisateur et du système en ligne du Programme d’investissement à la ferme pour la volaille et les oeufs (SLPIFVO).  Ils ont jusqu’au 31 mars 2030 pour s’en prévaloir.  

Il est à noter que ce programme est rétroactif.  «Je suis fier que nous ayons pu obtenir que les subventions soient rétroactives et que les demandeurs aient la  possibilité d'obtenir un financement pour les activités admissibles qui ont commencé le 19 mars 2019», de confier Francis Drouin, député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, d’un ton plutôt satisfait. Il ajoute certaines précisions à l’effet que le gouvernement fédéral versera aux agriculteurs admissibles une contribution pouvant atteindre 70% des coûts du projet, et jusqu’à 85% pour les jeunes agriculteurs. 

Les progrès qui seront rendus possibles grâce aux nouveaux programmes mentionnés ci-haut, contribueront inévitablement à assurer un développement durable pour cette part de marché afin d’assurer la pérennité de ces précieuses industries qui nourrissent nos localités. 

Cela devient encore plus pertinent en ces temps de pandémie ou, comme M. Drouin le souligne, les œufs de taille moyenne qui étaient destinés au secteur de la restauration ont été généreusement redirigés vers les banques alimentaires pour soutenir les besoins des  familles de la région, une initiative remarquable.