La Mairesse Paula Assaly et le conseiller Lawrence Bogue dénoncent le climat toxique à l'Hotel de ville de Hawkesbury.
La Mairesse Paula Assaly et le conseiller Lawrence Bogue dénoncent le climat toxique à l'Hotel de ville de Hawkesbury.

Climat toxique à l'Hotel de ville, le combat de Paula Assaly

Gérard Malo
EAP
Ça fait déjà quelques semaines que chaque jour à l'heure du lunch, la mairesse Paula Assaly manifeste portant pancarte pour dénoncer le climat qu'elle qualifie de «toxique» qui règne à l'Hotel de ville de Hawkesbury. Et pourtant, ce n'est pas d'hier que l'on entend parler de ça. Toujours est-il que Le Carillon estime que le moment est venu de donner à madame Assaly l'occasion d'expliquer dans ses propres mots ce qu'elle affirme qui se passe à l'Hotel de ville.

Vous manifestez tous les jours devant l'Hotel de ville de Hawkesbury. Vous dites que c'est pour dénoncer le climat toxique qui sévit à Hotel de ville depuis 2014 et que c'est pour exposer la vérité. Vous n'étiez pas encore maire à l'époque, alors exposons-la la vérité, qu'est ce qui s'est passé depuis 2014? 

C'est que la conjointe de monsieur Robert Lefèbvre qui est conseiller maintenant, était conseillère auparavant, elle s'appelle Johanne Portelance, et a demandé de l'aide à une consultante en raison de problématique au sujet du climat de travail à l'Hotel de ville. Ce rapport-là a été présenté à l'ancien conseil en mars 2018. Et lorsque le nouveau conseil est entré en fonction en décembre 2018, ce rapport avait été caché au conseil actuel. Puis par la suite, le commissaire à l'intégrité de l'époque, monsieur Saywell l'a fait parvenir à chacun des conseillers à titre de document confidentiel. Donc, le climat défavorable n'est pas d'aujourd'hui, selon le rapport conçu en 2018. Et ce climat-là a été rendu encore plus toxique lorsqu'il y a eu un bris de huis-clos lors du 16 juin 2018. Ce rapport donnait des directives de licenciement de certains employés. Alors, imaginez-vous comment le personnel se sentait lorsqu'ils ont entendu qu'il y aurait des congédiements. Le 17 une employée a remis sa démission. Elle a fait parvenir ses raisons, toutefois je ne voyais absolument pas les raisons justifiant cette démission. Il y a probablement eu d'autres bris du huis-clos. Toutefois les preuves ne sont pas suffisantes pour pointer d'autres personnes. 

Vous reprochez à certains membres du conseil municipal d'avoir embauché Dominique Dusseault comme directrice-générale de la ville, sans même qu'elle soit considérée par un comité de sélection, et sachant fort bien que celle-ci à l'époque directrice des ressources humaines, était déjà en conflit avec le maire. C'était quoi ce conflit entre vous et la directrice des ressources humaines? 

Madame Dusseault, lorsqu'elle était à la direction des ressources humaines et elle y est encore, avait déposé une plainte à mon égard devant le commissaire à l'intégrité John Saywell. Celui-ci a déposé son rapport auprès de la greffière le 31 décembre 2019. Et selon le code de déontologie, il doit être transmis immédiatement à la personne concernée qui dans ce cas était moi, mais ne l'a pas été. Quelqu'un a intercepté le rapport. Mais le 12 janvier suivant, le commissaire à l'intégrité m'a fait parvenir une copie du rapport. 

Dans votre lettre vous affirmez que vous vivez l'acharnement sans cesse de la directrice générale depuis sa plainte au commissaire Saywell. Plainte rendue publique en février dernier. Vous ajoutez que vous et les employés travaillez dans un climat toxique. À quel point est-ce toxique? 

Il y avait un espèce de complot parmi certains employés pour blamer le maire pour tout ce qui allait mal à l'Hotel de ville à même le climat toxique. Toutefois, les employés et les lettres reçues par des employés ont bel et bien indiquées que je n'avais rien à voir avec le climat toxique. En ce qui me concerne, je peux dire que j'ai été sujette à du harcèlement. J'ai logé une plainte qui a abouti à rien. Il y a eu 2 plaintes de harcèlement contre moi pour lesquelles je n'ai jamais reçu les rapports et je n'ai aucune idée si ces rapports existent. Qu'est ce qu'on entend par climat toxique? C'est qu'on ne sait jamais ce qui va nous arriver chaque jour qu'on se présente au travail. On se fait surprendre par des employés en larmes, qui souffrent d'anxiété, qui sont déprimés, bouleversés et que ça affecte la productivité et l'efficacité du travail que ces employés-là espèrent bien faire. Et c'est la même chose pour moi quand je dois répondre à des allégations qui sont fausses, ou je n'ai même pas la chance de répondre, comme quand le commissaire Saywell qui ne m'a jamais questionné, qui m'a même menacé de démissionner et que si je démissionnais, il ne déposerait aucun rapport. Ce qui va à l'encontre du code de déontologie puisqu'il doit déposer un rapport. 

Les membres de votre conseil municipal sont divisés dans leurs opinion et commentaires concernant votre manifestation. Qui sont ceux qui vous appuient et qui sont ceux qui font le contraire? 

Monsieur Bogue m'appuie dans ma marche, monsieur Tourounakis espère que nous arriverons à trouver des solutions, moi aussi d'ailleurs. Je marche pour inciter le reste du conseil à se pencher sur le climat toxique que l'on a à l'Hotel de ville. Je comprends très bien que le conseil a une seule employée qui est la directrice générale. 

Voici un exemple. Le conseiller Raymond Campbell vous accuse de ne pas travailler avec le conseil mais de toujours travailler uniquement en faveur de vos propres idées. Vraie ou faux? 

C'est faux. Puisque toutes les idées et tous les projets que je peux mettre de l'avant sont toujours partagés à la table du conseil. Ce que monsieur Campbell dit, c'est faux. Je ne sais pas d'où il prend cette perception. Parce que même très récemment j'avais le devoir de faire circuler des documents pour obtenir les suggestions de tous les membres du conseil concernant des projets futurs. Ça s'est passé très très bien. Nous venons tout juste de terminer avec succès l'exercice budgétaire. Ça s'est très bien déroulé. Je pense que ce sont là des commentaires de petites politiques plus ou moins partisanes, parce que c'est évident que les 4 conseillers, soient monsieur Campbell, monsieur Chamaillard, monsieur Lefebvre et monsieur Paquette, forment un front commun pour continuellement dénoncer le maire dans tout ce qu'elle fait. Alors, c'est sûr que puisqu'ils ont nominé madame Dusseault, qu'ils ont aussi l'oreille de madame Dusseault. Ils n'ont pas réalisé en faisant cette nomination-là qu'en ne tenant pas compte que la relatios entre le maire et la DG est importante et que cette relation doit reposer sur la confiance, sur l'honnêteté et sur la collaboration. Alors, c'est très difficile pour moi d'avoir confiance en une personne qui a déposé une plainte à mon égard auprès du commissaire à l'intégrité. Et ce que je déplore dans sa plainte qui est publique depuis le 3 février 2020 est que madame Dusseault a non seulement utilisé ses propres plaintes, mais elle est allée chercher des plaintes d'autres personnes. Ce que je déplore, parce qu'il y a beaucoup de fausses allégations auxquelles que je n'ai pas pu répondre. C'est assez pour miner la confiance. 

En conclusion, mairesse, ce serait quoi la bonne solution pour rétablir ne serait-ce que le début du rétablissement d'un climat de travail sain à l'Hotel de ville? 

Je pense que c'est évident que 4 des 6 conseillers espèrent me décourager pour que je ne sois pas candidate à la mairie ou même que je serai défaite aux élections de l'an prochain. Entretemps, moi je continue de me battre avec l'appui de nombreux résidents de Hawkesbury. Je peux vous dire que j'ai eu certains moments de découragement. Mais les gens m'encouragent à ne pas baisser les bras, à continuer de marcher en espérant que peut-être les conseillers finiront par arriver à une solution. Je pense que ça ne relève pas uniquement au maire de toujours trouver des solutions ou de prendre les conseillers par la main. Je pense qu'ils doivent se responsabiliser. Moi j'en ai apporté des solutions, mais elles ont été déboutées à la table du conseil.