En raison des nouvelles normes sociosanitaire, le jardin du Projet d’agriculture communautaire n’est pas ouvert au public cette année. Cela n’a toutefois pas freiner les activités maraîchères. Le Jardin prévoit produire 20 000 kilos de denrées fraîches cet été, grâce au travail sans relâche d’une petite équipe de jeunes employés. Ici, Justin et Jérémie Lepine, Paul Thibault, Valérie Dubé, Karine Thibaudeau, (Alexis Proulx, bénévole) et la mascotte-épouvantail, mademoiselle Anne (en l’honneur d’Anne Leclerc, responsable de la production maraîchère, et là depuis le début du Projet).
En raison des nouvelles normes sociosanitaire, le jardin du Projet d’agriculture communautaire n’est pas ouvert au public cette année. Cela n’a toutefois pas freiner les activités maraîchères. Le Jardin prévoit produire 20 000 kilos de denrées fraîches cet été, grâce au travail sans relâche d’une petite équipe de jeunes employés. Ici, Justin et Jérémie Lepine, Paul Thibault, Valérie Dubé, Karine Thibaudeau, (Alexis Proulx, bénévole) et la mascotte-épouvantail, mademoiselle Anne (en l’honneur d’Anne Leclerc, responsable de la production maraîchère, et là depuis le début du Projet).

Le jardin communautaire pousse malgré tout

André Farhat
EAP
On pourrait parler d’une initiative bien implantée – littéralement – dans la région. Depuis six ans maintenant, bon an, mal an, le Projet d’agriculture communautaire de la MRC d’Argenteuil aide à nourrir les gens – et beaucoup plus.

Cette année encore, comme toujours depuis 2014, le jardin du Projet d’agriculture communautaire de la MRC d’Argenteuil cultive et récolte des tonnes de légumes frais pour les citoyens d’Argenteuil. Certes, la pandémie de COVID-19 et le confinement ont exigé une dose d’adaptation. Les mesures sociosanitaires mises en place en mars et qui persistent ont également obligé Renée-Claude Bergeron, la coordonnatrice du projet, Éric Pelletier, le directeur général adjoint de la MRC et les autres membres de l’équipe à mettre en jachère le volet participatif très populaire.

Pour les mêmes raisons, les visites des agriculteurs en herbe au Centre d’Entraide d’Argenteuil ont été interrompues. Le camion du Centre d’entraide vient comme toujours chercher les vivres toutes les semaines, mais les gens du public n’aident plus à la récolte. «Cette année, on ne fait pas d’appel à tous – on les appelle les jardiniers solidaires. Il faut faire attention et assurer une saine gestion du milieu pour éviter de la contamination», a expliqué Mme Bergeron. Le Projet avait été en mesure de fournir 2000 kilos en paniers solidaires, donc pour les gens du public qui consacraient au moins 10 heures au Jardin. 

Cela n’a toutefois pas ralenti la production. Au contraire. C’est seulement ce qui pousse qui a changé un peu. «On a rajouté des légumes cette année», a révélé Renée-Claude Bergeron. Le jardin «est axé cette année pour fournir les banques alimentaires», a précisé pour sa part Éric Pelletier. Celles-ci ont vu une fréquentation extrêmement forte ce printemps, en raison du confinement et des difficultés financières que tant de citoyens ont subies.

Le plan de culture a été ajusté afin d’offrir de maximiser l’aspect alimentaire des récoltes. Mme Bergeron raconte que contrairement à l’an dernier, où le Jardin a planté beaucoup de citrouilles, cette année, on a privilégié la courge spaghetti. «La courge spaghetti, ça nourrit une famille, ça se conserve longtemps et on peut l’utiliser plus facilement», a fait valoir Mme Bergeron. Le chou chinois, un légume nourrissant qui a été un grand succès l’an passé, est aussi de retour.

Les premiers légumes ont été plantés en mai. Les récoltes et la livraison de légumes ont commencé à la mi-juin. Le mercredi 17 juin, le Centre d’entraide d’Argenteuil est venu chercher 300 bottes d’ognons verts et 210 laitues fraiches, pour la distribution alimentaire du jeudi.

Nouveauté cette année : un jardin de fleurs a été créé, qui comprend des asclépiades indigènes au Québec. Cette fleur a entre autres qualités la distinction d’être particulièrement prisée des papillons monarques. D’ailleurs, le Jardin s’est inscrit à Mission Monarque, un programme participatif qui vise à documenter la reproduction du fameux papillon.

Sur un terrain adjacent au jardin, le Projet a planté des fleurs comme les asclépiades, qui servent à la pollinisation, mais aussi à la reproduction des papillons monarques, très friands d’asclépiades.

Communautaire, le jardin

«Ce qui est le fun de ressortir dans ce processus là de quatre ans, a déclaré Renée-Claude Bergeron, ce sont tous les gens qui ont travaillé ici.» Éric Pelletier que si les deux premières années, le Jardin avait comme mission de fournir des fruits et des légumes frais aux banques alimentaires, désormais «l’intégration du volet social fait en sorte qu’on a deux thématiques qui s’équivalent en aide à la communauté.»

En 2019, quelque 300 personnes différentes se sont impliquées d’une manière ou d’une autre, et «ont cumulé 2253 heures exactement!», a déclaré Mme Bergeron en rigolant.

«Le projet vise autant à nourrir les gens qu’à intégrer mille-et-une personnes», a affirmé M. Pelletier. « C’est un lieu qui brise l’isolement, qui permet de former les gens et de les lancer vers le marché du travail. »

Du cœur au ventre

«Cette année, on a tous nos beaux jeunes qui travaillent ici, a affirmé Renée-Claude Bergeron. On a vraiment l’occasion d’offrir une place à des jeunes de 16 à 35 ans, qui font tout le travail qui se fait à la ferme La Roquette, à la ferme Belle-Roche.» Elle ajoute que pour la plupart d’entre eux, il s’agit d’une initiation au travail de la terre. «Ici, ils apprennent s’ils ont la fibre, ils apprennent à travailler à la chaleur, en équipe de production. Ils se découvrent des passions. »

Sachant que le Jardin n’est pas sous la pression d’impératifs financiers, l’équipe peut prendre le temps de bien former les jeunes – qui sont tous rémunérés. «Si dans son C.V., il a travaillé deux ans au Projet de la MRC, c’est part assez fort», a observé Éric Pelletier :

Le travail est aussi très valorisant. Exception faite de cette année, ces employés sont habituellement là du début à la fin du processus, soit du labour à la distribution au Centre d’entraide. «Tu pars de la roche, à la graine, à la carotte et tu la remets à quelqu’un en personne!», a-t-il ajouté.

To bio or not to bio

Le Jardin respecte les bonnes pratiques de culture biologique. La terre est fertilisée exclusivement à l’aide d’engrais biologiques – engrais verts et de compost. Elle est aussi exempte de pesticides et herbicides chimiques, de glyphosate (pensez Roundup). De plus, chaque année, une agronome de l’organisme PleineTerre  vient examiner le sol et les façons de faire en cours. «Notre méthode de travail pourrait facilement prouver que c’est bio», a affirmé Renée-Claude Bergeron. «Notre seule raison de ne pas être certifié bio, c’est que ça coute des sous», a-t-elle expliqué. «C’est quand même quelques milliers de dollars d’investissements, qu’on focalise plutôt à faire pousser des carottes», ajoute-t-elle en riant.

 «La certification bio permet de vendre un peu plus cher, mais dans notre cas, on ne vend pas nos légumes», a précisé Éric Pelletier.

Leur voisin, l’agriculteur Raymond Jetté, cultive les terres adjacentes au jardin, elles aussi propriété de la MRC d’Argenteuil. Il pratique lui aussi l’agriculture biologique, ce qui rend les risques de contamination mutuelle des champs virtuellement nuls. Et la terre ne montre plus de résidus de produits chimiques qui auraient pu s’y trouver avant le début du projet, en 2014.

Le Projet a fait fabriquer des bacs à jardinage de diverses formes par le Carrefour Jeunesse-Emploi d’Argenteuil, en collaboration avec l’entreprise lachutoise Libre-Empreinte. Ces bacs servent à cultiver des fines herbes, ce qui est difficile dans les champs.